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La corruption, un mauvais investissement

Qui voudrait prouver l’efficacité des conventions internationales ferait bien de s’intéresser à la Convention anticorruption de l’OCDE. Prenons l’investissement : les 43 pays signataires investissent davantage à l’étranger que les autres.

La corruption gaspille des ressources qui pourraient être investies à l’étranger – le montant annuel des pots-de-vin versés chaque année par des individus ou des entreprises équivaut approximativement au PIB français (environ 2 000 milliards USD). Or la corruption ne paie pas, comme l’indique notre graphique qui montre la corrélation sans équivoque entre faibles niveaux de corruption et sorties plus élevées d’investissements directs étrangers (IDE). La grande majorité des pays signataires de la Convention sont moins corrompus et investissent bien plus à l’étranger, ils peuvent donc ainsi davantage bénéficier de ventes à l’étranger et d’économies d’échelle. La portée de la Convention dépassant les seuls pays de l’OCDE, huit pays n’en sont pas membres, dont l’Afrique du Sud, la Bulgarie et la Colombie.

Adhérer à la Convention signifie de s’engager sur plusieurs principes comme la criminalisation de l’offre de pots-de-vin à des agents publics étrangers, et à coopérer pour assurer le suivi et la promotion de la mise en œuvre de toutes ses dispositions. L’OCDE est déterminée à continuer de porter ses efforts sur ce dernier point, comme l’y appellent les Conclusions politiques de la RCM 2017. Comme l’indique le graphique, ces efforts pourraient en effet permettre d’améliorer la discipline d’investissement des pays. La corruption ne paie pas, mais les mesures pour lutter contre ce fléau sont payantes car elles permettent de libérer des ressources pour investir.

OCDE (2017), OECD Business and Finance Outlook 2017, Éditions OCDE, Paris. http://dx.doi.org/10.1787/9789264274891-en

©L'Observateur de l'OCDE n°310 T2 2017