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Japon : déflation persistante

Le point bas de la grave récession déclenchée par la crise mondiale a été franchi, en partie grâce à un rebond des exportations, même si la production demeure nettement en deçà du niveau des capacités. En outre, les mesures de relance budgétaire compensent en partie les effets de la baisse de l’emploi et des salaires sur la demande intérieure. La croissance devrait se redresser progressivement pour s’établir aux alentours de 2 % en 2011, en partie du fait de l’augmentation des dépenses publiques prévue par le nouveau gouvernement. Néanmoins, le taux de chômage restera probablement de l’ordre de 5,5 % tout au long de l’année 2011, et la déflation perdurera.

La Banque du Japon devrait lutter contre cette déflation en s’engageant fermement à maintenir les taux d’intérêt à leur très bas niveau actuel et à agir efficacement par des mesures quantitatives, jusqu’à ce que l’inflation sous-jacente soit solidement ancrée en territoire positif. De nouvelles mesures de relance budgétaire ne se justifient pas, compte tenu du redressement attendu de la croissance de la production, ainsi que de l’ampleur du déficit budgétaire du Japon et du niveau élevé de son ratio d’endettement public. Le gouvernement devrait donc financer l’augmentation prévue des dépenses publiques en pratiquant des coupes dans d’autres programmes de dépenses. Il est essentiel d’élaborer un programme d’assainissement budgétaire à moyen terme qui soit crédible et précis, et de le mettre en oeuvre une fois que la reprise sera fermement engagée. Un tel programme devrait inclure une refonte de la fiscalité, accompagnée de réformes structurelles, en particulier dans le secteur des services, afin d’améliorer les niveaux de vie malgré la diminution de la population d’âge actif.

©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010