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À Bali

Le Secrétaire général Angel Gurría a participé, à la tête d’une mission de haut niveau composée d’économistes et d’experts de l’environnement de l’OCDE, à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, en décembre à Bali. Dans cet extrait de l’une de ses interventions, M. Gurría évoque quelques raisons pour lesquelles l’économie et les marchés doivent être au coeur de toute stratégie de lutte contre le changement climatique.

«Les politiques ambitieuses et globales qui doivent être menées pour faire face au changement climatique sont connues, elles existent et elles sont abordables. C’est l’une des conclusions des travaux consacrés depuis près de vingt ans par l’OCDE aux aspects économiques du changement climatique. (…)

D’après les conclusions de nos Perspectives de l’environnement, publiées en mars prochain à Oslo, stabiliser la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à environ 450 parties par million d’équivalent CO2 ne réduirait que d’environ un dixième de point de pourcentage par an (en moyenne) la croissance mondiale entre aujourd’hui et 2050. C’est tout-à-fait abordable. (…)

Le dispositif sur le climat pour après 2012 ne pourra réussir que s’il repose sur des bases économiques solides. (…) Il s’agit d’être précis et d’agir sur la base de données solidement étayées. Par exemple, dans le cadre de leur politique climatique, un certain nombre de pays s’attachent avant tout à subventionner les “bonnes” solutions au lieu de taxer les “mauvaises”. C’est une démarche peu efficiente, car elle tend à rendre plus coûteuse la réduction des émissions de GES. Subventionner les “bons” comportements risque de figer des choix technologiques qui pourraient s’avérer obsolètes ou inefficients. En revanche, taxer les “mauvais” comportements (émissions) crée une incitation cohérente à l’efficience et à l’innovation. (…)

Comment mener cette transition vers un monde à faible intensité de carbone de manière économiquement efficiente et socialement responsable ? Bien qu’elle constitue une solution fréquemment avancée, nos travaux montrent qu’une taxe mondiale uniforme pourrait entraîner des pertes de PIB nettement plus importantes pour de nombreux pays en développement que pour les pays industrialisés. Dans le scénario de stabilisation à 450 ppm, par exemple, cette perte s’élèverait à deux dixièmes de point de pourcentage en 2030 et à 1,1 point en 2050 dans l’OCDE, mais elle pourrait être cinq fois supérieure au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine. (…)

L’OCDE étudie les moyens de répartir la charge des coûts de l’action de façon juste et équitable, tout en assurant que les actions d’atténuation sont entreprises là où elles coûtent le moins cher. (…)

Par rapport à l’instauration d’une taxe mondiale uniforme, la mise en place d’un système mondial d’échange de permis d’émission pourrait permettre d’atteindre d’ambitieux objectifs de réduction des émissions planétaires avec un impact bien moindre sur les pays en développement. On peut y parvenir par l’allocation de permis d’émission et la définition d’objectifs différenciés. Ainsi, les pays développés pourraient assumer une responsabilité financière comparativement plus élevée que les pays en développement en matière de réduction des émissions. »

Le texte complet de cette allocution et d'autres interventions prononcées à Bali sont disponibles sur www.oecd.org/discours.

©L’Observateur de l’OCDE n° 264/265, décembre 2007-janvier 2008