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Ce que font les ministres de l'énergie

Quelles mesures prenez-vous pour rendre l'énergie plus sûre, plus propre et moins chère ? Table ronde ministérielle de L'Observateur de l'OCDE

Une volonté politique est nécessaire pour construire une nouvelle stratégie énergétique globale améliorant l’efficacité énergétique et répondant au problème du réchauffement climatique. Des mesures concrètes et pratiques sont également indispensables. Les autorités reconnaissent que le secteur de l’énergie ne reçoit pas suffisamment d’investissement et est fragile et polluant, mais comment remédient-elles à cette situation ? À l’occasion de cette table ronde, la cinquième depuis 2001, nous avons invité cinq ministres de l’OCDE chargés de l’énergie et issus d’un échantillon représentatif des pays membres, à répondre à la question suivante :

Quelles sont les mesures prises par votre pays pour rendre l’utilisation de l’énergie plus sûre, plus propre et plus rentable ?

Les cinq ministres sont : Michael Glos, ministre de l’Économie et de la Technologie de l’Allemagne ; Ian Mcfarlane, ministre de l’Industrie, du Tourisme et des Ressources de l’Australie ; Gary Lunn, ministre des Ressources naturelles du Canada ; Akira Amari, ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie du Japon ; et Odd Roger Enoksen, ministre du Pétrole et de l’Énergie de la Norvège.

 
ALLEMAGNE

Un marché Énergique

Assurer un approvisionnement énergétique économique, fiable et respectueux de l’environnement est aujourd’hui l’une des premières priorités de la politique nationale et internationale. Les besoins mondiaux en énergie augmenteront rapidement dans les années à venir. Parallèlement, les marchés évoluent et la protection du climat demeure un défi gigantesque.

Pour améliorer la sécurité des approvisionnements énergétiques, les marchés doivent être libres et ouverts. Le libre-échange encourage la distribution optimale des ressources énergétiques rares. La concurrence peut jouer à plein, l’efficacité est améliorée, des projets d’exploration sont mis en oeuvre et de nouvelles technologies apparaissent. Ne survivront que les plus bénéfiques, sûres et respectueuses du climat.

Une protection du climat efficace passe par une nette prise de conscience par tous des conséquences et coûts mondiaux du changement climatique. Pour pouvoir véritablement agir dans ce domaine, il faut que soit largement accepté un régime international du climat. Les États-Unis, mais aussi les pays au développement intense et rapide, comme la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud, doivent s’engager à prendre des mesures efficaces. Une politique de protection du climat menée nationalement et unilatéralement est à la fois écologiquement inefficace et économiquement fatale. L’objectif de la protection du climat n’est ni d’étouffer les possibilités de développement ni de ralentir la croissance économique. Des mesures de protection du climat raisonnablement structurées doivent tous nous aider, y compris au niveau économique. Il est donc important que tous les pays y participent et que tous utilisent les échanges de droits d’émission, qui doivent être davantage développés au niveau mondial.

Pour que la politique énergétique soit écologiquement rationnelle et durable, elle doit aussi viser à améliorer sensiblement l’efficacité énergétique. Il est indispensable de mettre au point des technologies plus efficaces et plus respectueuses de l’environnement, pour la production d’énergie et pour la fabrication de biens de consommation. Un bon fonctionnement des marchés joue aussi un rôle moteur dans ce processus.

Consulter le site du ministère sur www.bmwi.de/en.

Voir également le site de M. Glos sur www.glos.de/.


AUSTRALIE

Un champion de la coopération internationale

La prospérité, la sécurité et la durabilité sont les idées maîtresses des politiques énergétiques de l’Australie. Notre objectif est de maintenir une économie prospère tout en nous inscrivant résolument dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les récentes initiatives énergétiques intérieures, l’Australie a révisé son régime fiscal sur les carburants, supprimé des obstacles au développement commercial des énergies renouvelables, mobilisé des financements pour stimuler l’investissement privé dans les technologies à faibles émissions, et encouragé la poursuite de la réforme du marché de l’énergie.

Pour répondre à nos besoins énergétiques grandissants tout préservant l’environnement, nous avons besoin d’une vaste coopération internationale ainsi que d’un cadre national solide. L’Australie favorise la coopération régionale et mondiale par ses fonctions au sein des principales instances internationales traitant de l’énergie.

En décembre 2006, le Conseil de direction de l’Agence internationale de l’énergie s’est réuni à Sydney, sous la présidence d’un Australien, M. John Ryan. C’était la première rencontre de cette nature tenue dans la région Asie-Pacifique depuis plus d’une décennie.

En mai prochain, les ministres de l’Énergie des pays membres de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) se réuniront à Darwin pour renforcer l’Initiative de sécurité énergétique de l’APEC et développer des politiques et des mesures en faveur de technologies énergétiques plus propres et efficaces. L’Australie s’est engagée à verser 100 millions de dollars australiens en cinq ans au Partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat, montant dont plus de la moitié a été récemment affectée à des investissements dans des systèmes d’approvisionnement énergétique plus propres et durables du point de vue de l’environnement.

Elle joue également un rôle important dans les activités du Forum sur le leadership en matière de séquestration du carbone, du Partenariat international pour l’économie de l’hydrogène et du Partenariat pour la valorisation du méthane.

Il appartient à tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres en ressources, de préserver la sécurité et la durabilité énergétiques – il serait, à terme, catastrophique pour la prospérité mondiale de fermer les yeux sur les problèmes ou de faire les mauvais choix.

Consultez www.industry.gov.au/

 

CANADA

Une superpuissance énergétique propre

Cette année, le Premier ministre canadien, M. Stephen Harper, a présenté sa vision du Canada : l’émergence d’une superpuissance énergétique capable de fournir de l’énergie au reste du monde.

Le Canada est sans doute le seul pays démocratique stable au monde dont la capacité d’exportation de produits énergétiques augmente. Il possède les deuxièmes réserves connues de pétrole après l’Arabie saoudite, la troisième production de gaz, la deuxième d’hydroélectricité, la première production d’uranium, et est le principal exportateur d’énergie vers les États-Unis.

En 2015, nous prévoyons que la production pétrolière canadienne dépassera les 4 millions de barils par jour. Notre approche de la politique énergétique inspirée par le marché et notre ouverture à l’investissement étranger nous seront utile à cet égard.

Cette dotation en ressources naturelles s’accompagne bien sûr de possibilités et de responsabilités. Ces ressources doivent être gérées de manière responsable. Le Canada a les moyens de répondre à une proportion importante des besoins mondiaux, tout en freinant et réduisant les conséquences environnementales de sa production.

Dans le cadre de ce programme, nous recherchons des progrès en sciences et technologie afin de rationaliser la production et l’utilisation d’énergie. Nous encourageons les économies d’énergie et recherchons les innovations permettant de réduire les coûts comme la combustion propre du charbon pour limiter radicalement les émissions des installations alimentées au charbon ; les lampes consommant 90 % d’énergie en moins ; les turbines marémotrices qui exploitent l’énergie marine ; ainsi que la captation et le stockage géologique du carbone.

Ce sont là certaines des actions entreprises actuellement par le Canada pour rendre l’énergie plus sûre, propre et rentable. En aidant d’autres pays à tirer parti de ces innovations, le Canada espère contribuer à un avenir énergétique propre pour notre planète.

Consulter Ressources naturelles Canada : www.nrcan.gc.ca/

 

JAPON

Une nouvelle stratégie énergétique nationale

De nos jours, tous les pays placent l’énergie en tête de leurs priorités politiques. Après plusieurs décennies d’approvisionnements énergétiques stables et bon marché, la structure actuelle de l’offre et de la demande est extrêmement tendue et instable. Nous devons étudier les possibilités de développement économique dans ce contexte énergétique austère. De plus, nous avons besoin de mettre en oeuvre des politiques fiables et durables pour nous attaquer aux défis concernant l’environnement mondial et la sécurité énergétique. À cela s’ajoute la prévision d’une hausse très rapide de la demande d’énergie en Asie. Le Japon, qui peut compter sur des technologies de pointe et une riche expérience, entend contribuer activement à préserver la sécurité énergétique dans cette région.

À partir de ce constat, j’ai formulé en mai dernier notre « Stratégie énergétique d’ensemble » dans le cadre du Parti démocratique libéral. Sur cette base, le gouvernement japonais a publié un plan d’action global et stratégique dénommé « Nouvelle stratégie énergétique nationale ».

La pièce maîtresse de cette stratégie consiste à établir une structure de pointe de l’offre et de la demande d’énergie en favorisant l’amélioration de l’efficacité énergétique, les énergies nouvelles et renouvelables, l’énergie nucléaire et l’utilisation d’énergies alternatives dans les transports. En outre, le Japon renforcera sa diplomatie des ressources et la coopération dans les domaines de l’énergie et de l’environnement, renforcera ses mesures d’intervention d’urgence et les travaux sur sa Stratégie en matière de technologies de l’énergie.

À cet effet, nous avons défini cinq objectifs communs à l’administration et au secteur public, à atteindre à l’horizon 2030 :

1. Améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 30 %.
2. Abaisser le taux de dépendance pétrolière à 40 %, voire moins.
3. Ramener à 80 % la dépendance du secteur des transports à l’égard des produits pétroliers.
4. Viser une participation de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité de 30 à 40 %.
5. Porter à 40 % du total les quantités de pétrole brut détenues par des entreprises japonaises.

En ma qualité de ministre responsable de l’énergie au METI, et grâce à mon expérience de l’élaboration de politiques énergétiques qui m’a notamment conduit à participer à la promulgation de la Loi fondamentale sur la politique énergétique et à promouvoir l’énergie nucléaire, je considère que la politique énergétique, qui assure la pérennité des activités économiques, est l’une de mes plus importantes missions. Je m'emploierai à mettre en oeuvre les politiques énergétiques inspirées de cette nouvelle stratégie.

Voir www.meti.go.jp/english

 

NORVÈGE

Pour des combustibles fossiles propres

Un petit pays peut-il jouer un rôle important face aux grands défis énergétiques planétaires ? La réponse pourrait bien être affirmative. Depuis dix ans, l’industrie norvégienne de l’offshore capte le CO2 et l’injecte dans des formations géologiques en mer du Nord pour le stocker de manière permanente. Chaque année, un million de tonnes de CO2 sont ainsi injectées au large. La captation et le stockage du carbone, encouragés par la taxe norvégienne sur le CO2, permettent de réduire les émissions de carbone d’un volume équivalent à 10 % des émissions dues à la circulation routière dans le pays.

Le gouvernement norvégien et Statoil, une grande société d’énergie, ont récemment passé un accord pour lancer le plus grand projet au monde de captation et de stockage du CO2 en grandeur nature, en liaison avec la centrale de cogénération prévue à Mongstad. Ce projet, qui devrait être pleinement opérationnel fin 2014, comporte une première phase qui sera achevée au moment du démarrage de la centrale de cogénération en 2010.

Le projet de Mongstad sera le premier en son genre de cette envergure dans le monde. Nous passons ainsi du stade de la recherche à petite échelle à la construction effective d’une installation de captation du CO2 à grande échelle. Durant la première phase du projet, plusieurs solutions technologiques seront mises à l’essai en parallèle. Ceci représentera une expérimentation de grand intérêt pour toutes les centrales au gaz futures. Les progrès technologiques réalisés en Norvège à l’occasion de ce projet ne profiteront pas seulement à mon pays, elles seront également très utiles au niveau international.

Il s’agit là d’un jalon important qui aura des répercussions mondiales. Comme l’a déclaré l’AIE dans des publications antérieures, la captation et le stockage du carbone pourraient éliminer de grandes quantités de CO2 si cette technique était appliquée dans les centrales à combustibles fossiles du monde entier. En tant que représentant du troisième exportateur mondial de pétrole et de gaz, je suis fier que la Norvège se trouve à l’avant-garde du développement de technologies qui pourraient contribuer à faire des combustibles fossiles une source d’énergie propre.

Voir www.dep.no/oed/english

 

©L’Observateur de l’OCDE, n°258/259, décembre 2006