Observateur OCDE
Petites et prospères

Si la petite taille peut être synonyme de succès dans le monde des affaires, elle peut aussi représenter un handicap, dans les périodes fastes comme dans les périodes difficiles. La paperasserie, les taxes et charges diverses, les coûts du capital, les réglementations de l’emploi, les frais juridiques sont autant de questions qui absorbent, en effet, une bonne partie du temps et des ressources financières des petites et moyennes entreprises.

En dépit de ces difficultés, les petites et moyennes entreprises (PME) représentent plus de 95 % de l’effectif total et fournissent de 60 % à 70 % des emplois dans la zone OCDE. Elles jouent un rôle moteur essentiel sur le plan économique, en mettant leurs capitaux, leur capacité d’innovation et leurs compétences au service des consommateurs et en canalisant leurs ressources financières et leur expertise vers les grandes entreprises. Il serait donc hautement souhaitable que les décideurs puissent faire un peu plus pour les y aider.

Tel était précisément l’objectif de la première grande conférence ministérielle internationale sur les PME dont le thème était : « Améliorer la compétitivité des PME dans l’économie mondiale : stratégies et politiques ». Organisée par l’OCDE à Bologne, Italie, en juin 2000, elle a constitué une occasion précieuse d’identifier les mesures que pourraient prendre les autorités publiques et le secteur privé pour aider les PME à développer leurs atouts locaux tout en bénéficiant de la mondialisation.

L’un des résultats majeurs de la conférence a été l’adoption de la Charte de Bologne sur les politiques en faveur des PME par près de 50 pays. Outre tous ceux appartenant à l’OCDE, la liste comprend plusieurs grands pays en développement comme le Brésil, la Chine et l’Afrique du Sud, et des plus petits, tels le Costa Rica et l’Ouzbékistan. La Charte de Bologne fournit un cadre de référence aux pays qui souhaitent accroître l’efficacité des politiques destinées à encourager l’entreprenariat et à favoriser le développement et la compétitivité des petites entreprises à tous les niveaux : local, national et international. Elle préconise le dialogue et la coopération entre les organisations et les institutions internationales et recommande des mesures concrètes. Parmi celles-ci, mentionnons les mesures visant à faciliter l’accès des PME aux réseaux d’innovation ainsi qu’aux programmes de R&D et aux marchés publics.

La Conférence a donné naissance au Processus de Bologne dans le cadre duquel l’OCDE rassemble plus de 70 pays et plus de 50 organisations, institutions et ONG internationales. Le processus se fixe un triple objectif : encourager l’élaboration d’un programme visant à développer l’entreprenariat et la compétitivité des PME à l’échelle mondiale ; aider les pouvoirs publics à identifier les mesures qui permettraient aux chefs d’entreprise et aux PME de bénéficier davantage de la mondialisation ; et, enfin, renforcer le dialogue à haut niveau à propos des politiques en faveur des PME entre les diverses parties : décideurs, entreprises, et organisations et institutions nationales et internationales.

Une seconde grande conférence ministérielle sur les PME aura lieu en Turquie, du 3 au 5 juin 2004, sur le thème « Promouvoir l’entreprenariat et les PME innovantes dans une économie mondialisée ». Les décideurs politiques auront ainsi une autre occasion précieuse de réfléchir aux mesures favorisant le dynamisme et la prospérité de cette catégorie d’entreprises… un objectif qui ne peut que servir l’intérêt général.

© L’Observateur de l’OCDE, N°238 Juillet 2003

OCDE (2002), Perspectives de l’OCDE sur les petites et moyennes entreprises, Paris.