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À quelque chose malheur est bon !

L’appel à la générosité du public est en quelque sorte devenu un filon pour le financement des petites et moyennes entreprises (PME). Face au déclin des prêts bancaires, les très petites entreprises se tournent vers d’autres sources. Grâce à internet, elles peuvent désormais solliciter des fonds non plus seulement auprès des banques ou des investisseurs professionnels, mais quasiment auprès de quiconque dispose d’une connexion à internet. La démarche peut revêtir diverses formes. 

Outre le financement participatif (qui consiste à rassembler de multiples contributions individuelles, généralement versées en ligne, pour financer un projet), on trouve l’affacturage en ligne (grâce auquel les PME peuvent emprunter en cédant leurs factures en attente de règlement) et le crédit entre particuliers (services en ligne qui permettent de rapprocher bailleurs de fonds et PME emprunteuses). Ensemble, ces solutions constituent le marché de la finance alternative en ligne.

En règle générale, le marché des financements alternatifs a augmenté en volume. Toutefois, si l’on observe son évolution entre 2013 et 2016, il apparaît clairement que son développement et sa taille varient grandement selon les pays. La Chine, de loin le plus grand marché de la finance alternative en ligne, a connu une évolution exponentielle, passant de 5,6 milliards USD en 2013 à 243,28 milliards USD en 2016. Par comparaison, le volume total aux États-Unis n’était que de 34,5 milliards USD en 2016, malgré une montée vertigineuse depuis 2013, où il se situait à 4,4 milliards USD. En revanche, le marché des financements alternatifs dans l’UE est resté loin derrière la Chine et les États-Unis, puisqu’il a levé 2,1 milliards USD en 2016, et seulement 0,3 milliard en 2013. Les volumes sont bien supérieurs au Royaume-Uni que dans le reste de l’UE 28, avec plus de 5,6 milliards USD en 2016.

Compte tenu de volumes en hausse, les instruments de finance alternative viennent de plus en plus souvent compléter les sources de fonds traditionnelles, pointant ainsi la nécessité d’un cadre réglementaire du financement participatif. Cependant, pour élaborer cette réglementation, les pouvoirs publics ne devront pas oublier combien la finance alternative en ligne est cruciale pour les entreprises. Les prêts bancaires se font plus rares ? À quelque chose malheur est bon !

OCDE (2018), Financing SMEs and Entrepreneurs 2018: An OECD Scoreboard, Éditions OCDE, Paris (version en français à paraître).

©L'Observateur de l'OCDE, mai 2018