Observateur OCDE
Home
Menu
Épargner malin

La plupart des consommateurs de la génération précédente n’entretenaient que peu de relations avec les marchés financiers : vérification des comptes, des plans d’épargne, et peut-être quelques prélèvements directs pour des factures. Aujourd’hui, les consommateurs sont de plus en plus directement concernés par les aléas des investissements sur les marchés financiers.

Ils suivent les fluctuations des fonds de placement, des obligations d’État et d’autres instruments financiers, tâche auparavant assurée par des spécialistes. Les marchés financiers de détail sont devenus plus complexes, ils n’offrent plus seulement des cartes de crédit perfectionnées, mais aussi tout un éventail de services (et de restrictions) assortis d’innombrables possibilités, de commissions souvent complexes et parfois de risques financiers graves.

Cette première étude importante sur l’éducation financière dans les pays de l’OCDE examine les évolutions économiques, démographiques et politiques qui obligent les consommateurs à être financièrement avisés. Le rapport, financé par Prudential, constate que de nombreux consommateurs tirent leurs conseils financiers de revues ou de l’Internet, sous des titres comme : « Épargnez 5 € par jour pour votre retraite ».

La littératie financière va au-delà de l’aptitude à comprendre les contrats. Selon l’étude, près de 40 % des adultes et des étudiants pensent que l’affirmation « l’argent conserve bien sa valeur en période d’inflation » est vraie. Plus d’un tiers des étudiants interrogés ne connaissent pas l’effet d’une majoration des taux d’intérêt sur leur épargne.

Peut-être est-ce la raison du grand nombre de surendettements ? D’après le rapport, le problème est actuellement grave aux États-Unis : en 2003, 1,6 million de ménages (soit environ 9 % du total) étaient en faillite personnelle. Ce pourcentage ne représentait qu’environ 0,1 % de la population en Angleterre et au Pays de Galles en 2004, et 3,2 % en Corée.

Pour de meilleures compétences financières montre que ces pourcentages peuvent baisser. Selon une étude citée dans l’ouvrage, la proportion d’emprunteurs défaillants après 90 jours est inférieure de 34 % lorsque ces emprunteurs reçoivent des conseils avant un achat. Par ailleurs, on constate que le taux de défaillance est légèrement inférieur lorsque ces conseils sont dispensés dans une salle de cours ou à domicile, plutôt que par téléphone.

ISBN 9264012583

©L’Observateur de l’OCDE, n°251, septembre 2005