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L’autosatisfaction n’est pas de mise

En dépit de sa position, celle d’une « île au large d’une île, située elle-même au large du continent européen », l’Irlande a toujours maintenu des liens étroits avec le cœur de l’Europe. Historiquement, ces liens n’ont pas toujours été formels et notre isolement physique et politique les a, dans certains cas, affaiblis. Cependant, dans la dernière partie du XXe siècle, grâce à notre participation à l’Union européenne ainsi qu’à l’OCDE et à d’autres organisations, nous avons renoué et renforcé nos liens historiques avec l’Europe.

En dépit de sa position, celle d’une « île au large d’une île, située elle-même au large du continent européen », l’Irlande a toujours maintenu des liens étroits avec le cœur de l’Europe. Historiquement, ces liens n’ont pas toujours été formels et notre isolement physique et politique les a, dans certains cas, affaiblis. Cependant, dans la dernière partie du XXe siècle, grâce à notre participation à l’Union européenne ainsi qu’à l’OCDE et à d’autres organisations, nous avons renoué et renforcé nos liens historiques avec l’Europe.L’évolution récente de l’Irlande a été marquée par un engagement profond dans le processus de mondialisation. En poursuivant de nouvelles politiques économiques, semblables à celles prônées depuis longtemps par l’OCDE, notre pays a enregistré une croissance économique sans précédent, a accru sa participation au marché mondial et a inversé bon nombre de tendances négatives sur les plans du chômage et de l’émigration. Désormais, il accueille des personnes originaires de toute l’Europe et de plus loin encore, qui viennent chercher un emploi dans notre île redynamisée.Toutefois, parmi les questions qui me préoccupent, figure l’impact potentiel du progrès économique sur la qualité de notre environnement. Même si celle-ci demeure bonne, le premier Examen des performances environnementales de l’Irlande, entrepris par l’OCDE et publié en 2000, a montré que les problèmes s’aggravaient et qu’il était indispensable d’accentuer nos efforts.Durant le premier semestre 2004, l’Irlande assume la présidence de l’Union européenne, placée sous le thème « Européens, travaillons ensemble ». Ce thème sera très clairement illustré par l’entrée dans l’Union, le 1er mai 2004, de 10 nouveaux États membres, appartenant à la zone Europe centrale et orientale et méditerranéenne ; cet événement rompra avec un passé marqué par des divisions et des conflits parfois douloureux.Une dizaine de jours auparavant, j’aurai eu l’honneur de présider la réunion des ministres de l’environnement des pays de l’OCDE (20-21 avril 2004). Les pays membres pourront profiter de cette rencontre pour faire le bilan des actions entreprises, dans le cadre de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE, pour s’assurer que le développement économique intervienne dans le respect des ressources naturelles qui en constituent, en définitive, le fondement.S’agissant de l’élaboration et de la mise en œuvre de politiques environnementales, les pays membres de l’OCDE progressent, à mon avis, de manière satisfaisante dans plusieurs domaines clés, tels le changement climatique, la pollution atmosphérique locale, la gestion des ressources d’eau douce et l’efficacité énergétique. L’autosatisfaction n’est cependant pas de mise : des efforts supplémentaires s’imposent de toute urgence. Il nous faut, par exemple, continuer d’agir de concert pour limiter et réduire les émissions de gaz à effet de serre, mieux gérer la demande de transport (en particulier dans les zones urbaines), favoriser l’utilisation des énergies renouvelables et traiter de manière plus globale les problèmes liés à nos modes de consommation non viables.Pour relever ces défis, nous devons éviter les choix simplistes du type « l’économie ou l’environnement ». Nous pouvons – et nous devons – poursuivre les deux objectifs simultanément. La mobilisation des marchés en faveur de l’environnement apparaissant à cet égard cruciale, il convient de développer beaucoup plus cette démarche tout en faisant preuve d’imagination. En Irlande, par exemple, nous avons récemment introduit une redevance sur les sacs en plastique – source de nuisance très importante – qui a permis de réduire de façon spectaculaire leur usage tout en procurant des ressources utilisables à des fins environnementales. Le public a ainsi pu constater que de petits changements peuvent produire de grands effets. Sur un autre plan, beaucoup plus important, le prochain démarrage des échanges de permis d’émission de CO2 au sein de l’Union européenne contribuera à réduire les émissions de manière efficace par rapport aux coûts de la mesure. En tant que ministres de l’environnement, nous devons arriver à convaincre l’opinion publique que les nouvelles politiques environnementales sont susceptibles d’avoir des retombées économiques et sociales importantes. Le développement de technologies non polluantes permettrait, par exemple, de protéger l’environnement tout en favorisant la croissance économique, la compétitivité et l’emploi. De telles technologies pourraient aussi jouer un rôle déterminant dans la réalisation des objectifs fixés à l’échelle internationale en matière de développement et d’environnement. Nous devons renforcer notre collaboration avec les pays en développement à cet égard.Sur le plan international, j’ai le sentiment que le processus de mondialisation est perçu comme laissant pour compte les pays les plus pauvres et ne profitant, dans les pays bénéficiaires, qu’à des groupes restreints de la population. Le défi, en particulier pour les pays de l’OCDE, consiste à mettre la mondialisation au service du développement durable et à faire en sorte que les bénéfices soient répartis de manière plus équitable et responsable.Notre réunion à Paris en avril coïncidera avec la CDD12 (voir l’article p.32), laquelle se déroulera à New York sur le thème de l’eau, de l’assainissement et des établissements humains. J’espère que les deux processus seront complémentaires et qu’ils permettront de confirmer l’engagement de la communauté internationale à s’investir dans la réalisation de l’objectif suivant : assurer un environnement de haute qualité et un développement véritablement durable.*La réunion du Comité des politiques d’environnement de l’OCDE au niveau ministériel s’est déroulée à Paris les 20 et 21 avril 2004.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004