Observateur OCDE
Home
Menu

(In)sécurité alimentaire

OCDE Observateur

En l’espace de 40 ans, la sécurité alimentaire semble s’être globalement améliorée, puisque la disponibilité alimentaire par habitant, mesurée par l’apport calorique et protéique journalier, a augmenté de quelque 30 % dans les pays en développement entre les années 1960 et les années 1990.

Le nombre d’enfants sous-alimentés de moins de cinq ans a reculé d’environ 37 millions entre les années 1970 et le milieu des années 1990, alors que, parallèlement, l’incidence de la malnutrition tombait de 47 % à 31 %. Mais des pays ou régions demeurent vulnérables, et certains ont même vu leur sécurité alimentaire se détériorer au cours des 40 dernières années. L’apport calorique moyen par habitant et par jour dans les pays industrialisés a progressé, passant de 2 956 calories dans les années 1960 à 3 359 calories dans les années 1990. Dans le même temps, le niveau atteint en Afrique subsaharienne ne s’élevait qu’à 2 160 calories, ce qui est non seulement inférieur à l’apport calorique moyen dans le monde industriel 30 ans plus tôt, mais aussi en dessous du niveau moyen observé dans les années 1960 à l’échelle de la planète, à savoir 2 347 calories par habitant et par jour. Pendant cette même période, la consommation protéique journalière, de l’ordre de 53 grammes, est restée quasiment inchangée en Afrique subsaharienne, bien que l’écart avec le monde développé soit plus important pour l’apport en protéines.Certes, il n’appartient pas à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de veiller à ce que tous les habitants de la planète mangent à leur faim, mais elle peut néanmoins contribuer à s’opposer à une concurrence déloyale qui risque de toucher les pauvres. Tel est l’un des constats énoncé dans Agricultural Trade and Poverty: Making Policy Analysis Count, un recueil de communications présenté à un Forum mondial organisé en mai 2002 par l’OCDE sur le thème « Réforme des échanges agricoles, ajustement et pauvreté » et qui vient de paraître. Selon le rapport, l’un des principaux déséquilibres dont souffre l’agriculture dans le monde tient au fait que les pays industriels bénéficient, dans le cadre de l’OMC, de conditions juridiques leur permettant de subventionner leur agriculture, et qu’ils disposent des ressources pour le faire, tandis que les pays en développement, même s’ils en avaient la capacité juridique, n’ont ni les ressources financières, humaines et institutionnelles pour faire de même. © L’Observateur de l’OCDE, Nº236, Mars 2003