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Tunnels : vue sur l’avenir

Conférence européenne des ministres des transports

La sécurité dans les tunnels est devenue un motif de vive préoccupation ces dernières années à la suite des graves accidents survenus dans le tunnel du Mont Blanc et en Autriche, sans oublier l’incendie dans le tunnel sous la Manche. Compte tenu des progrès de la technologie des tunnels et de la place croissante qu’occupent ces ouvrages dans les infrastructures routières, la question se pose de savoir comment les rendre plus sûrs.

Prenons le cas du transport de matières dangereuses. Un accident grave, impliquant par exemple des produits chimiques explosifs ou toxiques dans un tunnel, peut s’avérer très coûteux à la fois en terme de vies humaines mais aussi de dégradation de l’environnement, de dommages au tunnel et de perturbation du système de transport. Mais une interdiction pure et simple du transport de matières dangereuses dans tous les tunnels est inconcevable car elle pourrait engendrer des coûts économiques additionnels injustifiés. Bien plus, pareille interdiction risque de forcer les opérateurs à emprunter des itinéraires plus dangereux traversant par exemple des agglomérations ou des régions peuplées.Les habitudes et règlements du transport de matières dangereuses dans les tunnels varient considérablement selon les pays et parfois à l’intérieur d’un même pays. Ce qui n’est pas le cas pour le règlement du transport de ces matières sur les routes à ciel ouvert qui, lui, est bien plus uniforme et souvent basé sur des modèles de règlements internationaux. Pour les tunnels, la définition de la réglementation, la prise de décision, la responsabilité et l’application sont souvent laissées aux autorités locales ou régionales, aux propriétaires des tunnels ou encore aux avis des « experts ». L’absence d’une réglementation générale applicable à tous les tunnels routiers au niveau national limite la capacité d’évaluer les risques et de prendre les mesures qui s’imposeraient.L’OCDE et l’Association Mondiale de la Route (WRA) se sont penchées sur ces problèmes dans cette nouvelle étude qui traite à la fois des questions réglementaires et techniques. Par exemple, elle a conçu un système relativement simple, regroupant sur une liste les cargaisons dangereuses, système qui pourrait être mis à la disposition des transporteurs pour la planification de leurs itinéraires. Actuellement, ils doivent parcourir de longues listes de marchandises et de quantités interdites, différentes pour chaque tunnel. Un modèle d’évaluation quantitative des risques a aussi été mis au point pour comparer les risques encourus lors du transport de marchandises dangereuses dans un tunnel par rapport à ceux des autres itinéraires possibles. De plus, de nombreuses études ont été réalisées pour évaluer l’efficacité des mesures de réduction des risques telles que les systèmes de drainage, de ventilation ou de détection d’incendie. Cette étude débouche sur un message encourageant : avec une gestion appropriée on peut envisager sereinement l’avenir des tunnels. L’amélioration des techniques de construction et de prévention des accidents les rend de plus en plus sûrs et rentables pour la traversée de terrains difficiles et de zones urbaines.