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Développement et parité

L’action en faveur de l’égalité homme-femme pourrait-elle aider à relancer les efforts nécessaires pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015 ? Le troisième objectif (OMD 3) a pour but explicite de « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », mais cette dimension a de multiples facettes dont on ne mesure pas toujours toute l’importance.

D’après l’Index « Institutions Sociales et Égalité homme-femme » (ISE) du Centre de développement de l’OCDE, les variables comprennent la violence à l’égard des femmes, l’acceptation de la polygamie et l’accès des femmes à la propriété, parmi un total de 12 indicateurs.

L’Index montre que les pays dans lesquels la société exerce une forte discrimination à l’égard des femmes ont généralement de faibles résultats dans la mise en oeuvre de plusieurs objectifs du Millénaire pour le développement.

Prenons l’éducation. Les pays où plus de 45 % des femmes de moins de 19 ans sont mariées connaissent un faible taux d’achèvement du cycle primaire. C’est donc un frein à l’OMD 2 : rendre l’éducation primaire universelle.

Les pays où les femmes n’ont pas accès à la propriété terrienne ou au crédit peinent à réaliser l’OMD 1 : éradiquer l’extrême pauvreté et la faim. Dans ceux où les femmes n’ont aucun accès au crédit, le nombre d’enfants mal nourris est supérieur de 85 % à la moyenne. Dans les pays où les femmes n’ont aucun droit de posséder des terres, il y a en moyenne 60 % d’enfants mal nourris en plus.

Les pays qui tolèrent la violence physique contre les femmes peuvent difficilement espérer atteindre l’OMD 5 : améliorer la santé maternelle. L’égalité des sexes a aussi un impact sur d’autres indicateurs des OMD, comme la mortalité infantile, la prévalence du VIH ou l’accès à l’eau potable.

Voir l’Index « Institutions Sociales et Égalité homme-femme » (ISE) : http://genderindex.org


©L'Observateur de l'OCDE n°281, octobre 2010