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Pétrole : une chance ou une malédiction ?

Avec plus de 100 milliards de barils, 13 pays du continent africain détenaient 9 % des réserves mondiales de pétrole fin 2003, dont la moitié en Afrique du Nord.
Les pays producteurs d’Afrique subsaharienne se classent en trois catégories : les anciens pays pétroliers, dont la production est en déclin (Cameroun, Congo et Gabon) ; ceux où la production progresse toujours (l’Angola et le Nigeria, qui, avec ses 2 millions de barils par jour, est le producteur le plus important du continent) ; et les nouveaux pays pétroliers (Guinée équatoriale, Sao-Tomé-et-Principe et Tchad).Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, l’Afrique de l’ouest et l’Amérique latine contribueront à la plus grande partie de l’augmentation de l’offre hors OPEP d’ici 2030, et l’Afrique verra sa production croître de presque 5 millions de barils par jour avant 2020. Ces pays pourraient-ils profiter de la période de forte remontée des cours pour investir dans le développement ? La plupart d’entre eux n’ont, semble-t- il, pas su éviter la « malédiction » du pétrole et se trouvent aujourd’hui dans une situation de surendettement et de grande pauvreté.Certains pays se mobilisent, tout d’abord, en s’attaquant à la corruption qui afflige l’Afrique. Plusieurs pays pétroliers d’Afrique (le Nigeria en novembre 2003, l’Angola en juin 2003, le Tchad en octobre 2004, le Gabon en mai 2004 ainsi que le Congo et Sao-Tomé-et-Principe en juin 2004) ont exprimé leur intention d’adhérer à l’EITI (Extractive Industries Transparency Initiative) afin d’améliorer la transparence de leurs recettes pétrolières. Certains ont introduit des règles spécifiques d’utilisation des revenus du pétrole. Au Congo et au Nigeria, le budget est préparé en se fondant sur une estimation très prudente de l’évolution des cours, et tout surplus est déposé dans un compte spécial auprès de la banque centrale. En Algérie, le budget de l’État pour 2005 entend comprimer sensiblement le déficit primaire non pétrolier, de manière à atténuer la dépendance des dépenses de l’État vis-à-vis des revenus pétroliers volatils.Bref, le prix fort du pétrole représente une chance pour certains pays producteurs, même si la malédiction frappe toujours les importateurs. © L’Observateur de l’OCDE, N°249, Mai 2005