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L’avantage pour les villes de lutter contre la mortalité routière–et comment le faire efficacement

Chaque minute, chaque jour, une personne meurt dans un accident de la circulation en ville. Entre le développement galopant de l’urbanisation et celui de la circulation automobile, la situation n’est pas près de s’arranger dans les années à venir, bien au contraire.

De nombreuses municipalités prennent conscience du prix de la dangerosité des conditions de circulation dans leurs rues, et pas seulement en termes de drames humains et de préjudice économique causés par les accidents corporels, mortels ou non. Le sentiment d’insécurité conduit les habitants à s’interdire des choses pourtant normales, comme laisser ses enfants aller à l’école à pied ou se rendre au travail à vélo.

La sécurité routière est de plus en plus considérée comme l’un des principaux facteurs contribuant à rendre une ville vivable. Elle améliore la qualité de vie des citadins, offre davantage de possibilités et d’horizons. En définitive, des rues plus sûres renforcent la liberté individuelle.

Ceci est d’ailleurs reconnu dans les Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en 2016. Les gouvernements se sont engagés (Objectif 11) à « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables », notamment « en améliorant la sécurité routière, […] une attention particulière devant être accordée aux besoins des personnes en situation vulnérable ».

Le lien entre les différents objectifs est facile à établir : améliorer la sécurité routière rend les villes non seulement plus sûres, mais aussi plus durables puisque l’on peut les arpenter à pied ou à vélo sans craindre pour sa vie. Cela les rend aussi plus inclusives car ceux qui n’ont pas les moyens de posséder une voiture peuvent s’y déplacer sans risquer leur vie.

Mais concrètement, que peuvent faire maires et exécutifs municipaux pour promouvoir la sécurité routière dans leur ville ? La première réponse est évidente : ne pas réinventer la roue, mais s’inspirer de ce que d’autres font déjà. À travers le monde, il existe quantité de bonnes pratiques de sécurité sur les voies urbaines qui n’attendent qu’à être imitées. La deuxième réponse moins évidente est : soigner la collecte de données. Décortiquer les événements qui émaillent la circulation urbaine et la manière dont celle-ci évolue permet en effet de prendre des décisions fondées sur des faits, non sur des hypothèses.

Quand les villes apprennent les unes des autres

Ces deux réflexions sont la raison d’être de Safer City Streets, le réseau mondial sur la sécurité routière au service de villes vivables. Un peu plus de six mois après son lancement en octobre 2016, 38 villes avaient engagé une collaboration sous ses auspices, d’Astana (Kazakhstan) à Zürich en passant par New York, Mexico, Rio de Janeiro, Londres, Berlin, Melbourne, Buenos Aires, Montréal et bien d’autres encore.

Le réseau, qui a tenu sa première réunion à Paris les 20 et 21 avril 2017, est le premier espace mondial permettant aux responsables municipaux et experts en sécurité routière de confronter leurs expériences et leurs idées. Le cœur de ses activités sera l’amélioration de la collecte de données sur les accidents de la circulation survenant en milieu urbain, pour que chaque ville puisse se situer par rapport aux autres et donner une assise solide à ses décisions en matière de sécurité routière. Une méthodologie a déjà été définie pour la base de données, que de nombreuses villes ont commencé à alimenter.

Cet excellent départ s’explique en partie par le fait que Safer City Streets peut s’appuyer sur des expériences passées : il a été formé sur l’excellent modèle du Groupe sur les données internationales de sécurité routière et leur analyse (IRTAD), groupe de travail permanent du FIT sur la sécurité routière réunissant des représentants des pays et des parties prenantes nationales. Par un heureux hasard, la réunion annuelle de l’IRTAD a coïncidé avec la première réunion du réseau – durant laquelle s’est tenu en outre un atelier conjoint avec POLIS, réseau de villes et de régions européennes, sur les modalités d’une collaboration entre leurs membres à la recherche des meilleures solutions applicables à la collecte de données.

Les villes qui souhaitent en savoir davantage sur Safer City Streets sont invitées à contacter l’auteur (alexandre.santacreu@itf-oecd.org). Il faut savoir par ailleurs que l’adhésion au réseau est actuellement gratuite grâce à la générosité de la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Références et liens

Voir Safer City Streets : https://www.itf-oecd.org/safer-city-streets

En savoir plus sur le Groupe sur les données internationales de sécurité routière et leur analyse : https://www.itf-oecd.org/IRTAD

En savoir plus sur le réseau POLIS : https://www.polisnetwork.eu/

©L'Observateur de l'OCDE n°310 T2 2017