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Les politiques axées sur les patients doivent également concerner les travailleurs de la santé
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La réunion ministérielle de l’OCDE sur la santé du 17 janvier à Paris a pour ambition d’ouvrir la voie à « La prochaine génération des réformes de la santé » qui placera « l’usager au premier plan ». Représentant la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (TUAC) à cette occasion, et en partenariat étroit avec l’Internationale des services publics (représentante des syndicats du secteur public), je porte la voix du mouvement syndical dans ces débats.

La santé est un bien public. Le droit à la santé est un droit humain fondamental essentiel pour la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Or, même dans les économies les plus avancées de l’OCDE, les inégalités d’accès aux services de santé persistent et sont aggravées par les politiques d’austérité. Nous devons impérativement nous pencher sur les déterminants sociaux de la santé et mettre en place des financements et des systèmes d’assurance durables, fiables et inclusifs, fondés sur les services publics, la protection sociale et, le cas échéant, des régimes d’assurance et des coopératives sans but lucratif. Il est également primordial de préserver une solide infrastructure de soins de santé capable de faire face aux catastrophes sanitaires et aux épidémies. Les stratégies d’optimisation des coûts visant à assurer des prestations « en flux tendu » n’augurent aucunement d’un avenir viable pour nos hôpitaux.

Nous convenons toutefois que des efforts supplémentaires peuvent être déployés pour réduire le gaspillage des dépenses de santé. Nous devons réduire les distorsions monopolistiques induites par les sociétés pharmaceutiques, anticiper et investir dans l’avenir. Les soins préventifs, la sensibilisation des populations vulnérables et des jeunes, et l’amélioration des systèmes de surveillance de la santé sont utiles en tant que tels, et peuvent également permettre de réduire les dépenses de santé sur le long terme.

Pour les syndicats, des politiques centrées sur les personnes doivent inclure aussi bien les usagers que les travailleurs de la santé. Faire preuve de respect à l’égard des travailleurs de la santé en écoutant leurs préoccupations, notamment par l’intermédiaire de leurs organisations représentatives, est fondamental pour assurer une prestation de services de qualité et instaurer la confiance auprès des usagers. Un dialogue social associant les travailleurs et les professionnels de la santé améliore également les processus et l’organisation. C’est particulièrement vrai pour les professionnels situés au bas de la pyramide des salaires comme les infirmières, travailleurs sociaux et aides-soignants, qui sont essentiels pour assurer une relation équilibrée entre des professionnels avertis (médecins et assureurs) et les patients eux-mêmes.

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©L'Observateur de l'OCDE n°309 T1 2017