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L’eau dans la ville
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Excès, insuffisance, pollution : tels sont les trois risques auxquels sont exposées de nombreuses zones urbaines. D’ici à 2050, la demande d’eau augmentera de 55 %, et la concurrence s’intensifiera entre les différents utilisateurs : agriculture, industrie, ménages, etc. Partout dans le monde, les villes, confrontées aux inondations comme Paris, à la sécheresse comme San Francisco ou à la contamination des aquifères comme Mexico, cherchent à savoir comment anticiper, éviter et surmonter les crises de l’eau à venir. 

Water Governance in Cities analyse les faiblesses des systèmes de gouvernance urbaine de l’eau. Fondé sur une enquête portant sur 48 villes, le rapport constate que d’importants progrès ont été réalisés depuis dix ans.

Dans les villes considérées, en moyenne 90 % de l’eau était traitée en 2012, contre 82 % en 1990, et la consommation par habitant a diminué de 20 % entre 2000 et 2012. Cependant, les inégalités sociales et territoriales restent parfois élevées en ce qui concerne l’accès : les taux d’accès aux services d’assainissement les plus bas sont enregistrés à Belo Horizonte au Brésil (75 %) et à Veracruz au Mexique (79 %).

Si, pour 75 % des villes, la pollution de l’eau est un défi, le premier problème pour 90 % d’entre elles est le vieillissement des infrastructures, leur insuffisance et le manque de ressources : 65 % des villes étudiées déplorent le manque de compétences et de personnel de gestion.

Water Governance in Cities décrit les meilleures pratiques pour promouvoir la bonne gouvernance de l’eau sur trois fronts : politiques, population, territorialité. S’agissant des politiques, l’action intersectorielle permet d’apporter des réponses efficaces aux crises de l’eau. Cologne, en Allemagne, coordonne ainsi la planification hydrique et spatiale des projets de développement immobilier afin de prévenir les dommages causés par les inondations en cas de pluies torrentielles. La technologie est aussi un atout : à Marseille, elle est mise à profit pour produire des données qualitatives et quantitatives sur l’eau, consultables par les citoyens. Les campagnes de communication, comme « Max 100 » à Copenhague, sensibilisent également la population et permettent des économies d’eau.

OCDE (2016), Water Governance in Cities, Études de l’OCDE sur l’eau, Éditions OCDE

©L'Observateur de l'OCDE n°308 T4 2016