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Trois choses à savoir sur le changement climatique
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Trois éléments clés aideront les leaders mondiaux et les représentants des entreprises, des organisations syndicales et de la société civile à conclure un nouvel accord efficace sur le changement climatique lors du sommet décisif des Nations Unies à Paris, et à accélérer l’action en faveur du climat en 2015 et au-delà. 

La lutte contre le changement climatique avance-t-elle assez vite ?

En un mot, non. Tout le monde est conscient du problème, mais à travers le monde, des centaines de milliards de dollars continuent d’être dépensés pour subventionner les combustibles fossiles, qui restent la source d’énergie dominante. Il y a certes des avancées progressives, mais elles ne sont pas assez rapides. Les signes physiques du dérèglement climatique sont déjà visibles, et nos études montrent que les effets sur la croissance économique seront perceptibles à brève échéance.

Rappelons qu’il est acquis que nous connaîtrons un réchauffement de 2 °C, et que cela aura déjà un coût élevé. Au-delà, il deviendra de plus en plus difficile de trouver des solutions. Il nous faut passer à la vitesse supérieure parce que le temps est compté. Tout retard limitera les options possibles et augmentera les coûts.

Faut-il donc adopter des objectifs d’émissions concrets ?

Le problème n’est pas juste de fixer des objectifs, mais de les atteindre. Et pour cela, il faut que les gouvernements mettent en place un plan d’action qui concerne les moindres rouages de l’économie. C’est un défi de taille ; aucun pan de l’économie ne sera épargné car il nous faudra bouleverser nos manières de faire pour parvenir à réduire à zéro les émissions nettes de carbone d’ici la fin du siècle.

Pour cela, il faut fixer un prix au carbone, soit par une taxe sur le carbone, soit par un système d’échange de droits d’émission. On ne peut espérer que les gens arrêtent de polluer tant que cela ne leur coûte rien. En 2015 déjà, les émissions de carbone dans l’atmosphère ont atteint de nouveaux records. Il faut faire en sorte que la réglementation qui permet aujourd’hui à une économie des combustibles fossiles de prospérer soit remplacée par une réglementation favorisant la pénétration des technologies propres dans tous les secteurs. Ensuite, il faut pouvoir mobiliser des capitaux à l’appui de ces technologies propres. Enfin, il faudra bien veiller à ce que les inévitables coûts de transition ne pèsent pas trop lourdement sur ceux qui ne sont pas en mesure de les assumer.

Avons-nous les ressources financières nécessaires pour lutter efficacement contre le changement climatique ?

Ce sera une question de priorités, mais pour les pays développés et les économies en développement rapide, la grande question est celle de la mobilisation de l’investissement privé. Les gouvernements doivent veiller à ce que leurs politiques publiques ne constituent pas un frein. Il faut savoir que les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension ou les sociétés d’assurance gèrent plus de 90 000 milliards USD d’actifs, et que moins de 1 % de cette manne sont investis dans des infrastructures propres, et ce, en raison de la réglementation. Ces obstacles doivent être levés.

En ce qui concerne les pays en développement, il paraît justifié qu’ils bénéficient d’une aide accrue de la part des pays développés. La bonne nouvelle, c’est que les apports de ressources augmentent. Selon l’estimation de l’OCDE et de Climate Policy Initiative, les pays développés ont mobilisé 62 milliards USD à l’appui de l’action climatique dans les pays en développement en 2014, contre 52 milliards USD en 2013. C’est encourageant, mais nous sommes encore loin de l’objectif de 100 milliards USD d’ici 2020.

Adapté de la vidéo de l’interview de Simon Upton, septembre 2014 : www.youtube.com/watch?v=jNJLxPNJ3Qc  

Voir www.oecd.org/fr/environnement/cop21.htm

©L'Observateur de l'OCDE n°304 novembre 2015