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Investir dans les énergies vertes
energy, environment, green economy

Le réchauffement planétaire et l’atonie de l’économie mondiale ont propulsé la question de l’investissement dans les énergies propres au premier rang des priorités d’action. Ce sujet est devenu d’autant plus crucial à l’approche du sommet mondial capital sur le changement climatique qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Il semble indispensable d’investir dans le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité, la géothermie ou la biomasse pour atteindre l’objectif de la communauté internationale de limiter la hausse des températures à 2°C. La transition énergétique est déjà amorcée : selon la publication Overcoming Barriers to International Investment in Clean Energy, l’investissement dans les énergies propres a sextuplé entre 2004 et 2011, pour atteindre 279 milliards USD. La crise de 2008 a aussi joué un rôle, car « l’énergie propre étant perçue comme un possible levier de croissance et d’emploi, plusieurs pays de l’OCDE et économies émergentes ont conçu des politiques industrielles vertes encourageant la production nationale de panneaux solaires et éoliennes ».

Et si les incitations publiques se retournaient contre le secteur des énergies propres ? Ce rapport souligne notamment les effets négatifs des exigences de contenu local imposées depuis 2009 aux secteurs photovoltaïque et éolien dans 21 pays, dont 16 pays de l’OCDE. Cette obligation faite aux « investisseurs d’acheter une partie des composants ou équipements à des producteurs locaux » risque d’empêcher l’investissement international dans ces secteurs.

Privilégier les producteurs du secteur intermédiaire par les obligations de contenu local risque d’entraîner une mauvaise affectation des ressources en incitant à substituer des produits nationaux à des produits importés, peut-être meilleurs, sans tenir compte de leur qualité ou de leur prix. En étouffant la concurrence, ces obligations peuvent aussi alourdir les coûts pour les électriciens, prestataires d’installation et autres acteurs en aval,  en contraignant les entreprises à acheter des équipements plus chers (voire moins efficaces). Il serait plus avisé d’autoriser les importations, car elles stimuleraient la création de valeur ajoutée et d’emplois dans les activités en aval. La levée des entraves locales à la compétitivité, assortie d’un soutien bien ciblé en faveur des activités de recherche-développement, serait plus profitable aux initiatives locales.

OCDE (2015), Overcoming Barriers to International Investment in Clean Energy, Green Finance and Investment, Éditions OCDE, http://dx.doi.org/10.1787/9789264227064-en

Voir l’article de Geraldine Ang sur http://oe.cd/10u

©L'Observateur de l'OCDE n°303, Septembre 2015

Pour aller plus loin:

L'OCDE en route vers la #COP21