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Pas de précipitation

Les derniers mois ont été marqués par une modeste embellie économique, avec des signes de reprise dans l’UE en particulier. Mais des problèmes subsistent. John Evans, Secrétaire général de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC), reste prudent. Il explique pourquoi à L’Observateur de l’OCDE.

L’Observateur de l’OCDE : Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à la situation économique mondiale actuelle ?

John Evans : Les tendances sont très inquiétantes. Les prévisions de croissance de l’OCDE et du FMI ont été revues à la baisse à six reprises depuis 2010. Les chefs d’État et de gouvernement du G20 réunis à Saint-Pétersbourg doivent affronter plusieurs enjeux majeurs : croissance en berne ou en baisse, montée du chômage, creusement des inégalités de revenu, progrès insuffisants en matière de réglementation financière, érosion de la base d’imposition et changement climatique continu. La faiblesse de la demande mondiale est aggravée par un manque de confiance, près de 60 % de la population déclarant que leur revenu n’a pas suivi le coût de la vie au cours des deux dernières années. La confiance est mise à mal, alors que 50 % des familles qui travaillent ont été directement touchées par les pertes d’emplois ou la réduction du temps de travail.

Comment les gouvernements du G20 s’attaquent-ils aux causes de la crise d’un point de vue social ?

Le G20 n’a pas oeuvré suffi samment pour s’attaquer aux causes de la crise. Au lieu de renforcer les institutions du marché du travail et la protection sociale, de nombreux gouvernements ont paniqué face aux marchés de capitaux et ont fait le choix de l’austérité, qui ne fait qu’aggraver la crise et causer une récession. Le G20 a donc perdu du terrain et de la crédibilité dans son aptitude à coordonner les mesures nécessaires pour sortir de la crise, car les engagements ne semblent pas être suivis d’actions. La population se sent abandonnée par les pouvoirs publics, 80 % des individus déclarant que leur gouvernement n’est pas parvenu à enrayer le chômage, contre 13 % seulement qui estiment que leur gouvernement agit dans l’intérêt des travailleurs.

Quels conseils donneriez-vous ?

Lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, les décideurs ont la possibilité, en s’appuyant sur les conclusions conjointes des ministres du Travail et des Finances de juillet, de restaurer la confiance dans la coordination des politiques économiques mondiales. Les gouvernements du G20 devraient prendre des mesures coordonnées pour accélérer la reprise afi n de renouer avec une croissance centrée sur l’emploi, inclusive, verte et durable. Ils doivent se montrer à la hauteur des engagements pris pour soutenir la demande intérieure en investissant dans l’éducation, l’innovation et les infrastructures. L’objectif est de réduire les inégalités de revenu et de créer des emplois de qualité.

Références

ITUC Global Poll, 2013 ; disponible sur www.ituc-csi.org/ituc-global-poll-2013-prepared-for

« The first ever G20 Finance and Labour Ministers’ Meeting was held in Moscow », Informations et communiqués de presse du G20, 19 juillet 2013, http://en.g20russia.ru/news/20130719/781660747.html

Voir https://www.g20.org/

Voir aussi www.tuac.org/

©L'Observateur de l'OCDE n° 295, T2 2013