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Apprendre à se connaître : l’OCDE et l’Amérique latine

Il y a près de vingt ans, en mai 1994, le  Mexique est devenu le premier pays  d’Amérique latine à adhérer à l’OCDE. En  1996, le secrétaire général de l’OCDE de  l’époque, Jean-Claude Paye, et le ministre  mexicain des Affaires étrangères d’alors,  aujourd’hui secrétaire général de l’OCDE,  Angel Gurría, inauguraient le Centre OCDE  de Mexico. Initialement, il s’agissait de  promouvoir les publications de l’OCDE au  Mexique et dans l’ensemble de l’Amérique  latine. Depuis, cette mission inclut d’autres  tâches, notamment celles de « diffuser et  promouvoir de meilleures politiques et les  rendre accessibles aux gouvernements et aux  acteurs économiques et sociaux d’Amérique  latine pour assurer une vie meilleure aux  citoyens de la région ».

L’OCDE et l’Amérique latine en sont venues à  mieux se connaître au cours de cette période,  grâce en grande partie à l’Internet, né à peu  près à la même époque. Prenons l’information.  Auparavant, les travaux de l’OCDE étaient  principalement diffusés sous forme de livres  imprimés, ce qui limitait leur diffusion en  Amérique latine. Aujourd’hui, les  abonnements en ligne, notamment via OECD  iLibrary, contribuent à élargir notre public au  Brésil, en Colombie, au Chili, en Argentine, au  Salvador, au Venezuela, au Pérou et ailleurs.

Parallèlement, le Centre de Mexico et d’autres  partenaires traduisent chaque année de plus  en plus de publications de l’OCDE en espagnol et en portugais, et celles-ci sont  accessibles via iLibrary. Le trafic en ligne  depuis l’Amérique latine a progressé de 38 %  en 2012 par rapport à 2011.

En outre, le site web du Centre de Mexico est  désormais pour les hispanophones la porte  d’entrée sur l’OCDE. Sa fréquentation a  doublé en trois ans, avec plus d’un demimillion de personnes.

Les médias sociaux sont un atout majeur pour  notre dialogue avec les citoyens d’Amérique  latine. Le compte Twitter @ocdeenespanol  compte maintenant près de 20 000 abonnés,  et ce nombre ne cesse d’augmenter. Ce type  d’innovation nous aide non seulement à  communiquer directement avec le grand  public, mais aussi à placer l’OCDE au cœur  de débats importants. Au cours des discussions et manifestations à propos de  la réforme de l’enseignement au Chili par  exemple, la OCDE (en espagnol) est devenue  un centre de connaissances et de données de  référence, ce qui nous a permis d’optimiser  notre visibilité sur Twitter.

Cependant, avec la visibilité et le dialogue  viennent la responsabilité. Il existe un  paradoxe intéressant dans tout cela. Les TI ont bouleversé les relations de l’OCDE avec les  pays non membres et avec ses membres  comme le Chili et le Mexique, et ces pays font  ainsi l’objet d’une surveillance accrue. Plus les  gouvernements cherchent à collaborer  activement avec l’OCDE, plus les citoyens et  les médias sont concernés et informés. Ils  voient comment leur pays évolue au fil du  temps et peuvent le comparer à d’autres. Ils  découvrent les défis affrontés et utilisent les  données de l’OCDE pour obtenir que leur  gouvernement rende compte de son action  (ou de son inaction) dans les grands  domaines de la politique publique.

Cela peut mettre les hauts responsables mal à  l’aise au début, surtout si les comparaisons  internationales leur sont défavorables. Après  tout, il n’est pas aisé de se comparer aux  « champions du monde » dans un aussi grand  nombre de domaines, en particulier pour les  pays en développement. Mais la vérification  des faits sert précisément à cela : encourager  la quête de meilleurs résultats. Voyez le  Mexique qui, après 18 ans de surveillance et de  débat public, semble finalement entré dans un  cercle vertueux de progrès. C’est la preuve que  des politiques meilleures se traduisent  vraiment par une vie meilleure.

Notre coopération prometteuse en Amérique  latine ne fait que commencer. Tout comme  nos nombreuses publications – les Perspectives  économiques de l’Amérique latine, notamment,  font déjà autorité après six éditions  –,  l’Initiative de l’OCDE pour l’Amérique latine  et les Caraïbes, nouvellement lancée, produit  des résultats fructueux grâce au dialogue  permanent et à l’échange continu  d’informations sur la fiscalité, l’innovation,  l’investissement et les services publics.

L’Amérique latine a changé depuis 1994,  et la révolution de l’information continue  de jouer son rôle et d’enrichir cette nouvelle  société de la connaissance. En s’appuyant sur  cette dynamique, les 10 prochaines années  pourraient bien être « la décennie de  l’Amérique latine ».

Voir le site Internet du Centre de Mexico

Voir aussi Comment va la vie au Mexique? et www.oecd.org/fr/mexique/

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 293 T4 2012