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Entreprises mondiales : protéger, respecter et réparer

Une mise à jour des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales est prévue pour 2011. Il s’agira notamment de donner aux entreprises des directives plus fermes pour prévenir les atteintes aux droits de l’homme, pour leurs propres activités ainsi que pour celles de leurs fournisseurs.

Le Professeur John Ruggie fait partie des experts consultés ; il est Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la question des droits de l’homme, des sociétés transnationales et autres entreprises. À l’occasion d’une visite à l’OCDE, il commente son cadre « Protéger, respecter et réparer » pour la gestion des relations entre les entreprises et les droits de l’homme.

OCDE : Pourquoi les entreprises doivent-elles se préoccuper des droits de l’homme ?

John Ruggie : Les entreprises doivent respecter la dignité des personnes avec lesquelles elles interagissent. C’est là une attente sociale fondamentale. De même, les pouvoirs publics doivent garantir que le droit du travail et les lois protégeant les consommateurs (...) sont respectés. Souvent, ce n’est pas le cas. Mais les entreprises se rendent compte par elles-mêmes qu’elles ont un rôle à jouer pour protéger leurs investissements à long terme.

Ne craignez-vous pas que cette question passe au second plan en période de difficultés économiques ?

Je ne l’ai pas constaté. Je pense que les entreprises savent que la récession actuelle est temporaire, mais qu’elles doivent relever des défis permanents et à long terme face à l’impact subi par les individus et les communautés.                             En quoi votre cadre « Protéger, respecter et réparer » peut-il être utile ?               Ce qui, à mon avis, est unique avec ce cadre (…) c’est que, premièrement, il est placé sous les auspices de l’ONU et a donc une présence mondiale et une légitimité certaines. Deuxièmement, il délimite clairement le rôle des pouvoirs publics et celui des entreprises, sans amalgame. Les défenseurs des droits de l’homme ont parfois tendance à rejeter sur l’entreprise toutes les responsabilités en matière de résultats sociaux, y compris celles qui concernent les pouvoirs publics. Ce cadre différencie clairement le rôle des entreprises et celui des pouvoirs publics, et il s’assure que chacun joue son rôle.

Comment les Principes directeurs de l’OCDE révisés pourront-ils contribuer à la mise en oeuvre de votre cadre ?

On peut décrire le cadre des Nations Unies comme un dispositif mondial. Il s’adresse aux 192 États membres de l’ONU, vise les 7 000 sociétés transnationales ainsi que toutes les sociétés nationales. Les Principes directeurs de l’OCDE ont une portée plus limitée – [ils] mettront en oeuvre, dans une région plus restreinte ou un ensemble moins large d’activités et d’entreprises, ce que les Nations unies fixent comme base normative au niveau mondial.

Références et liens recommandés

Transcription éditée de l’interview du Professeur Ruggie ; pour la version longue, voir www.youtube.com/oecden

Pour plus d’informations sur les Principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales, voir www.oecd.org/daf/investissement/principesdirecteurs

© L' Annuel de l'OCDE 2011