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Génération perdue ?

Le chômage a fortement augmenté pendant la crise, et les jeunes ont été particulièrement touchés. Même en période de prospérité, le chômage des 15-24 ans est deux à trois fois plus élevé que parmi les 25 ans et plus, et ce taux a augmenté beaucoup plus rapidement pendant la crise.

En Allemagne, malgré un programme d’apprentissage efficace, les jeunes ont désormais 1,5 fois plus de chances d’être au chômage que les autres. Ce risque est quatre fois plus élevé en Suède.

Il y a désormais près de 15 millions de jeunes chômeurs dans la zone OCDE, environ 4 millions de plus que fin 2007. Dans des pays comme la France ou l’Italie, près d’un jeune sur quatre est au chômage. En Espagne, ce taux dépasse 40 %.

Il y a plusieurs raisons à cela. Les jeunes sont plus souvent en contrat temporaire que les autres et sont donc souvent les premiers à partir lorsque les entreprises réduisent leurs effectifs. Les jeunes moins qualifiés ont tendance à travailler dans des secteurs qui ont été durement atteints par la crise, comme le bâtiment. Ceux qui traversent de longues périodes de chômage dans leur jeunesse risquent davantage de se retrouver au chômage par la suite, ou d’avoir des salaires plus bas. Les « cicatrices » que causent les périodes d’inactivité professionnelle se traduisent par moins d’expérience et de compétences. Il existe désormais une vraie crainte que la récession ne produise une « génération perdue » dont les chances d’obtenir un emploi durable s’amenuisent.

Voir “Rising youth unemployment during the crisis”, documents de travail de l’OCDE sur les affaires sociales, l’emploi et les migrations, n° 106, avril 2010.

Voir www.oecd.org/emploi ; voir également « Prêter main forte aux jeunes », L’Observateur de l’OCDE n° 274, octobre 2009 et sur www. observateurocde.org. Pour plus d’informations, consulter le Factblog de l’OCDE sur www.oecd.org

©L'Observateur de l'OCDE N° 279 mai 2010