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Rouler plus vert

Avec l'urgence accrue de barrer la route au changement climatique, l'encouragement des populations à utiliser les transports publics se répand partout dans le monde. Une stratégie globale incitant à délaisser voitures et camions au profit du train et des tramways électriques peut vraiment contribuer à réduire la pollution, les embouteillages et les émissions de gaz à effet de serre.

Mais allez dire ça à un Australien qui vit dans l'outback, à des kilomètres de la première station de bus. Même la majorité des Japonais possède un véhicule personnel, alors que le Japon compte parmi les meilleurs réseaux ferrés à grande vitesse et les meilleurs réseaux de transports urbains au monde.

La possession de véhicules privés varie d'environ 8 véhicules pour 100 habitants en Turquie à près de 70 au Danemark. Il peut aussi y avoir de fortes disparités à l'intérieur d'un pays. Ainsi, en Corée, ce nombre varie de 16 à 66 % suivant les régions, et de 18 à 62 % aux États-Unis. Ces différences sont surtout fonction du degré d'isolement d'une région et de la nécessité d'avoir un véhicule qui en découle.



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Les exemples du Japon et de l'Australie, deux pays aux densités de population très différentes, sont édifiants : quelle que soit l'accessibilité des transports en commun, les véhicules privés ont encore de beaux jours devant eux. L'enjeu est de les rendre plus verts, pour le bien des usagers comme pour celui de la planète. Les biocarburants sont plus que controversés, et posent la question des subventions, de leur vrai bilan environnemental et de la concurrence qu'ils font aux cultures destinées à l'alimentation. La voiture électrique commence à s'étendre, mais son impact écologique - lié à sa fabrication ou au traitement des batteries usagées, par exemple - n'est sans doute pas encore aussi minime que certains le pensent. De même, leur capacité à concurrencer les véhicules traditionnels en terme de coût et de transport, que ce soit pour le fret ou les longues distances, reste à prouver. Tout cela souligne la nécessité d'innover, d'autant plus que la recherche des technologies adéquates et la promotion de modes de transports plus respectueux de l'environnement sont aussi l'une des voies de sorties de l'effondrement économique mondial.

Panorama des régions de l'OCDE 2009 est disponible sur www.oecd.org/librairie

Voir aussi les travaux de l'OCDE sur le développement durable

©L'Observateur de l'OCDE n° 272, avril 2009