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Nature et Cultures

Pour mesurer le déclin de la biodiversité, on devrait s’intéresser à l’expansion des terres cultivables. De 1950 à 1980, il y a eu plus de terres transformées en champs que de 1700 à 1850, soit une période 5 fois plus longue.

Ces terres cultivables étaient auparavant des prairies ou forêts, naturellement riches en biodiversité, et ces changements amènent une pression considérable sur les écosystèmes. Pour les experts de l’OCDE, cette expansion est l’une des principales causes du déclin de la biodiversité ; elle est classée « feu rouge » selon la classification au titre des actions urgentes à mener selon les Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2030.

Cette évolution accompagne habituellement une croissance de la population et des marchés. En plus de fournir des aliments, du bois et des fibres, l’agriculture devient une source grandissante de biocarburants. L’usage agricole mondial des terres devrait s’accroître encore d’environ 10 % d’ici 2030 pour répondre aux besoins en cultures et en bétail. Il s’agit d’un défi, notamment en Europe occidentale et au Japon, où les régions densément peuplées empiètent déjà sur les régions rurales et naturelles. La superficie des terres naturelles, qui est une mesure de la biodiversité, ne représente déjà que 48 % du total actuellement, et devrait encore baisser jusqu’à 40 % en 2030, suite à une expansion des terres agricoles en Europe centrale et orientale. D’autres pressions sur la biodiversité seront exercées en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Des expansions des terres cultivables sont également probables en Russie, en Asie et en Afrique.

Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2030 est disponible sur www.oecd.org/librairie, ISBN 9789264040502.

©L’Observateur de l’OCDE n°266, mars 2008