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Disparités de développement

Vos chiffres sur la baisse spectaculaire de la part de l’aide consacrée aux infrastructures économiques et à l’agriculture dans l’APD bilatérale totale entre 1995-1996 et 2002-2003 donnent à réfléchir (nº 260, mai 2007). Les organismes de développement privilégient davantage ces deux domaines, mais il sera important de voir si les engagements seront tenus – notamment pour l’aide et les investissements concernant l’agriculture. Mais les membres du NEPAD ne se sont-ils pas engagés, à Maputo, à investir 10 % de leur PIB dans l’agriculture, et non pas à accroître leurs investissements de 10 % ?

J’approuve l’accent mis sur le lien entre croissance, pauvreté et inégalité. Il est encore rare que l’on s’attaque de front à l’inégalité et de nombreux organismes continuent à considérer que les effets de l’aide finiront par profiter aux pauvres. Vous avez raison de dire que les approches « pro pauvres » et « pro croissance » se renforcent mutuellement et que les évaluations de la pauvreté absolue et relative sont toutes deux pertinentes.

Enfin, sur la protection sociale, votre exemple sur le Mexique est intéressant, mais croyez-vous qu’une telle expérience puisse être reproduite en Afrique subsaharienne ? Jusqu’ici les politiques de réduction de la dette et de soutien budgétaire ont clairement été insuffisantes pour enrayer le cycle de la pauvreté rurale dans cette région d’Afrique. Pourtant, l’une des grandes questions est de trouver le moyen de favoriser l’adoption de politiques efficaces de protection sociale et d’aide pour les plus démunis tout en encourageant la croissance économique de cette région, sachant que les ressources du secteur public sont limitées. Que pensez-vous de l’idée d’un Plan Marshall pour l’Afrique et son agriculture, financé par les donneurs ?

Karim Hussein
Rome, Italie

L’Observateur de l’OCDE nº 262,  juillet 2007