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Une fission plus propre

L’énergie nucléaire gagne en popularité. Son exploitation ne produit pas d’émission de carbone ou presque et peut satisfaire un pourcentage important de la demande d’électricité dans de nombreux pays. Mais si elle paraît aujourd’hui acceptable à beaucoup, elle n’est pas pour autant aimée, et cela principalement à cause des déchets. Les traiter, les enfouir, ou en général, les rendre plus sûrs, restent des défis. Peut-on commencer par en limiter les quantités ?

Gestion des matières fissiles et fertiles recyclables dresse un inventaire des stocks de matières nucléaires recyclables dans le monde et étudie les solutions pour les recycler. Il s’agit de l’uranium appauvri qui sort des usines d’enrichissement, de l’uranium et du plutonium récupérés lors du retraitement du combustible usé, du plutonium et de l’uranium hautement enrichi déclarés excédentaires par rapport à leur sécurité par la Russie et les États-Unis ainsi que des stocks de thorium, un métal considéré comme une alternative à l’uranium. L’étude montre que la quantité de matières recyclables potentiellement récupérables accumulée aujourd’hui pourrait alimenter pendant 40 ans un parc de réacteurs à eau ordinaire de la génération actuelle, avec une puissance installée totale de 100 GWe, soit à peu près la l’intégralité des centrales nucléaires aux États-Unis.

De plus, les systèmes nucléaires en service aujourd’hui pourraient produire 50 % d’énergie supplémentaire avec la même quantité d’uranium naturel si l’on adoptait le recyclage : le combustible usé est retraité et l’uranium et le plutonium ainsi récupérés sont recyclés. De plus, avec des technologies avancées comme les réacteurs surgénérateurs, l’énergie produite par unité d’uranium extrait pourrait être multipliée par 50, voire plus, et la quantité de combustible usé réduite d’autant !

S’il n’existe pas de solution unique pour la gestion des matières recyclables, le souci de la sécurité d’approvisionnement énergétique ainsi que la volonté d’utiliser plus efficacement l’uranium naturel et de réduire au minimum les quantités de déchets produits, associés aux progrès de la technologie, ouvrent de nouvelles perspectives aux réacteurs surgénérateurs. Comme nous le rappelle Gestion des matières fissiles et fertiles recyclables, toutes les stratégies envisagées pour gérer ces matières nucléaires sensibles et/ou très radiotoxiques, exigent des mesures draconiennes pour garantir la sûreté, la protection radiologique et éviter la prolifération de matières susceptibles d’être converties en « armes ». Ces stratégies auront au moins l’avantage de produire des quantités de déchets nettement plus faibles.

www.nea.fr
www.oecd.org/energie

ISBN : 9789264032569

L’Observateur de l’OCDE nº 262, juillet 2007