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Solution virtuelle

Les pays arides doivent-ils se cantonner à la culture des produits faiblement consommateurs d’eau et importer les autres ? Puisque tous les produits ont besoin d’eau, exporter des produits agricoles revient à exporter de l’eau, bien que sous une forme virtuelle.

Il faut un millier de litres d’eau pour produire un kilo de blé, mais de cinq à dix fois plus pour un kilo de viande. Selon Lester Brown, président du Earth Policy Institute, le volume total d’eau contenue dans les produits agricoles importés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord est équivalent au débit du Nil en amont d’Assouan. Certains pays adoptent des politiques visant à économiser leurs ressources en eau. Par exemple, Israël et la Jordanie réduisent leurs exportations exigeantes en eau les moins lucratives.

En général, cependant, le commerce mondial des produits exigeants en eau obéit plus aux lois du marché qu’à une évaluation délibérée de la rareté de l’eau. C’est pourquoi toute politique efficace pour une bonne gestion des ressources limitées en eau doit se fonder sur les prix. Si les pays arides taxaient l’usage réel de l’eau par les irrigants, certaines cultures deviendraient insuffisamment compétitives. Ces pays importeraient donc des produits exigeants en eau de pays riches en eau, lesquels accroîtraient ces exportations. Il reste à savoir si le marché peut garantir la sécurité en eau des pays pauvres, notamment tant que le commerce mondial, déjà dominé par les pays riches en eau, reste faussé par les subventions à l’agriculture.

©L’Observateur de l’OCDE, n°254, mars 2006

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