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Nous savons tous désormais qu’un régime de gouvernement d’entreprise défaillant peut avoir des répercussions importantes sur le comportement des investisseurs, des épargnants, des retraités, des créanciers, des salariés et des consommateurs, de même que sur l’économie toute entière. Les faillites d’entreprises survenues un peu partout, depuis les États-Unis jusqu’en Italie, en ont fait la preuve. Mais quels seraient les effets sur les pays en développement ?

Des effets considérables, selon l’ouvrage Corporate Governance in Development: The Experiences of Brazil, Chile, India, and South Africa, qui souligne les caractéristiques institutionnelles des pays en développement de nature à compromettre la transparence, l’obligation de rendre des comptes et le respect des modalités d’application qui conditionnent la mise en œuvre efficace du régime de gouvernement d’entreprise.Quatre pays, l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l’Inde, font l’objet d’une étude approfondie des défis dans le domaine de gouvernement d’entreprise qu’ils doivent relever pour parvenir à un développement à long terme.Dans les pays de l’OCDE, le gouvernement d’entreprise suscite un intérêt grandissant à l’heure de la mondialisation et de l’expansion des investissements de portefeuille transfrontaliers. C’est dans ce contexte que les Principes de gouvernement d’entreprise de l’OCDE ont été récemment révisés afin non seulement de renforcer l’obligation pour les entreprises de rendre compte de leurs actes, mais aussi d’améliorer le cadre juridique, institutionnel et réglementaire régissant le gouvernement d’entreprise dans le monde entier.Corporate Governance in Development souligne que le développement d’un pays est largement tributaire de sa faculté de faire respecter le régime de gouvernement d’entreprise et de réorienter dans le même temps leur gouvernance politique. Le gouvernement d’entreprise est un facteur essentiel pour accroître les flux de capitaux et réduire les coûts de financement tant dans les pays développés que dans les pays en développement. Plus les entreprises ont besoin de nouvelles sources de financement, plus le gouvernement d’entreprise prend de l’importance. Comme l’illustre Corporate Governance in Development, ce constat vaut aussi pour les pays en développement dans lesquels un besoin de financement subsiste faute de fonds publics. Pour le combler, il faut mobiliser davantage les investissements privés, tant nationaux qu’étrangers. Mais les financiers et les actionnaires sont de plus en plus exigeants sur la rigueur des pratiques des conseils d’administration. Améliorer la qualité du gouvernement d’entreprise est un moyen de conférer une crédibilité supplémentaire aux entreprises et de leur donner une chance d’attirer des investisseurs, mais aussi de retenir les capitaux à long terme, et d’assurer ainsi la stabilité économique dont dépend le développement.© L’Observateur de l’OCDE, N°243, Mai 2004