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Valeurs féminines

On nous dit qu’il faut faire entrer plus de femmes sur le marché du travail pour améliorer la productivité, en les présentant dans la foulée comme un autre groupe défavorisé, au même titre que les personnes âgées et les handicapés. Je me demande quelle est la productivité de tous les groupes « aptes au travail », hommes ou femmes ?

Le fait de déplorer la faible productivité des personnes qui ne sont pas sur le marché du travail me paraît déplacé dans certains cas, et cela revient incontestablement à ignorer le rôle économique des femmes qui ne font pas partie des actifs. Quelle est la productivité de toutes les fonctionnaires, réceptionnistes, secrétaires d’administration ou baby-sitters comparée à celle des femmes dont le travail consiste à s’occuper 24 heures sur 24 d’un foyer, et notamment d’hommes « productifs » ? Certes, beaucoup de femmes aimeraient avoir un emploi, à condition de bénéficier des mêmes avantages que les hommes. Mais tous les rapports montrent que trop souvent les femmes sont réduites à la portion congrue en termes de rémunération et de perspectives de carrière. J’ai un emploi maintenant, mais du temps où je ne travaillais pas, une jeune fille m’a demandé un jour si je n’avais pas envie de chercher un emploi. Je fais le même travail que vous, voire mieux mais sans être payée, lui ai-je rétorqué. Elle était baby-sitter. © L’Observateur de l’OCDE, N°243, Mai 2004