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Argent sale

Les actions terroristes sont meurtrières et condamnables, mais n’en restent pas moins une activité à part entière : il faut payer les agents, leur acheter des armes et financer leurs complots. C’est par millions de dollars que chaque année les organisations terroristes mobilisent des fonds qu’ils transfèrent, investissent et dépensent, soit dans des placements, soit dans des opérations de blanchiment.

Quelles que soient ses motivations politiques ou économiques, le terrorisme a besoin d’argent.Depuis sa création en 1989 par le G7 et la Commission européenne, le Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI) est le fer de lance du combat engagé au niveau mondial contre le blanchiment des capitaux. Après le 11 septembre, ses responsabilités ont été élargies à la lutte contre le financement du terrorisme.Le GAFI a identifié les ficelles du commerce terroriste, telles que les sociétés fictives constituées pour abriter des actifs et gérer des comptes bancaires, ou encore les organisations caritatives dont l’objet est détourné, à leur insu ou non, pour recueillir, transférer et dépenser de l’argent. Les fonds terroristes sont injectés dans des entreprises qui peuvent par ailleurs avoir ou non une activité légitime. Ces fonds sont transférés d’un pays à un autre au moyen de virements ou par l’intermédiaire de cambistes clandestins ou d’opérateurs du marché noir.Dans plusieurs pays européens, la police a découvert des sociétés écrans dans des secteurs aussi divers que l’édition, l’immobilier ou encore la pêche. Les enquêteurs américains ont trouvé des charcuteries qui servaient de centres pour recueillir des fonds, et par le biais desquelles des millions de dollars étaient transférés. La prolifération mondiale de systèmes de remise de fonds informels et non autorisés constitue un autre problème. Dans certains cas, ces systèmes constituent un outil essentiel pour permettre aux migrants de transférer de l’argent dans leur pays d’origine, mais sont aussi susceptibles d’être utilisés à des fins criminelles ou terroristes.The Financial War on Terrorism est un guide pratique à l’intention des législateurs, des responsables de la réglementation financière et autres personnes chargées d’empêcher le financement des terroristes et de leurs organisations. Il expose une méthodologie détaillée, en reprenant notamment la version révisée et mise à jour des recommandations du GAFI concernant les mesures requises pour faire obstacle aux activités financières criminelles et pour contribuer à mettre les terroristes hors d’état de nuire.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004