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L’ère des communications

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On a peut-être l’impression qu’on dépense de plus en plus d’argent dans les supermarchés, mais en réalité, lorsqu’on les compare à leurs ancêtres qui vivaient au XVIIe siècle, les habitants des pays de l’OCDE consacrent une part nettement moins importante de leur revenu à l’achat de denrées alimentaires. En revanche, ils allouent des sommes beaucoup plus considérables aux transports et aux communications. Telle est la perspective historique que nous livrent les nouvelles statistiques.
Prenons l’exemple de la Grande-Bretagne : en 1688, l’alimentation était le premier poste de dépenses intérieures brutes en Angleterre et au Pays de Galles puisqu’elle représentait 27,5 % du montant total, les vêtements et les chaussures 20 %, et les boissons et le tabac près de 14 %, d’après les données publiées par Angus Maddison dans L’économie mondiale : Statistiques historiques.À l’époque, les transports et les communications ne s’adjugeaient pas plus de 0,8 % des dépenses totales, alors qu’en 1996, ce pourcentage ayant été porté à 10,6 % au Royaume-Uni, ils se sont hissés au premier rang des postes de dépenses. À l’évidence, cette progression s’explique par l’avènement de l’automobile, de l’avion, du train, et bien entendu, du téléphone et des autres innovations connexes. Dans le même temps, la part des denrées alimentaires, des boissons et du tabac dans le total des dépenses s’amenuisait pour ne plus être globalement que de 12,5 %.Mais au fait, comment en savons-nous si long sur les habitudes des Britanniques du XVIIe siècle en matière de dépenses ? Grâce à un certain Gregory King, qui était très conscient des possibilités qu’offrait l’exploitation des données budgétaires à des fins d’analyse macroéconomique, même s’il n’avait pas publié ses travaux de peur de s’exposer à la désapprobation des autorités. Selon M. Maddison, le recueil de 300 pages de M. King, dans lequel ses méthodes et ses analyses sont décrites avec minutie, n’est sorti de l’ombre qu’en 1917. Aujourd’hui, il est cité en référence partout sur Internet.