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Le nucléaire au Japon

Le Japon est un archipel aux deux tiers montagneux faiblement doté en ressources énergétiques. C’est le quatrième consommateur mondial d’énergie, et celle-ci lui coûte relativement cher ; aussi son principal défi dans le domaine énergétique est-il celui de préserver sa sécurité d’approvisionnement.
La solution la plus évidente pourrait être de choisir l’énergie nucléaire et la relative indépendance qu’elle confère, mais c’est une option de plus en plus difficile à défendre sur le plan politique, d’après l’ouvrage Review of Energy Policies : Japan 2003 (Examen des politiques énergétiques : Japon 2003) publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), organisation soeur de l’OCDE. Ces dernières années, constatent les auteurs, l’image du secteur nucléaire a été ternie au Japon par des incidents liés à la sûreté dans des centrales ou des usines de fabrication du combustible. Vu l’importance du nucléaire pour garantir la sécurité énergétique et atténuer le changement climatique, ce rapport invite instamment le gouvernement à redonner confiance au public.Il importe également d’améliorer encore l’efficience économique, notamment sur les marchés de l’énergie et en termes de coût-efficacité des politiques gouvernementales, c’est pourquoi le Review of Energy Policies : Japan 2003 insiste vivement pour que le gouvernement poursuive les réformes des marchés amorcées au cours de la décennie écoulée. Les marchés de l’électricité et du gaz sont peu ouverts à la concurrence à ce jour. Certes, les autorités ont pris récemment des mesures utiles, mais il faudra peut-être des initiatives plus vigoureuses si la concurrence ne s’impose pas.Entre-temps, il peut s’avérer difficile de découpler l’augmentation de la consommation d’énergie de la croissance économique. La reprise de l’économie japonaise risque bel et bien de donner un coup d’arrêt à la baisse récemment observée des émissions de CO2 liées à l’énergie et au recul des émissions industrielles. Le rapport Review of Energy Policies : Japan 2003 signale en effet que les entreprises énergétiques prévoient une hausse de 14 % des émissions entre 1990 et 2010. Le Japon était-il trop optimiste lorsqu’il s’est engagé à réduire de 6 % ses émissions de gaz à effet de serre aux termes du Protocole de Kyoto ? Outre une augmentation de 30 % de la production électronucléaire d’ici à 2010, le gouvernement compte sur plusieurs autres tactiques pour atteindre cet objectif, notamment les économies d’énergie, le remplacement du charbon et la promotion du gaz naturel, ainsi qu’un triplement des approvisionnements en énergies nouvelles et renouvelables.