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Une vie de cochon

Agriculture, échanges et environnement : le secteur porcin

Les cochons ont leurs admirateurs et leurs détracteurs. Winston Churchill les trouvait fort sympathiques, car d’après lui, si les chiens nous regardent d’en bas et les chats d’en haut, les cochons, eux, nous traitent comme des égaux.

Dans La ferme des animaux, en revanche, George Orwell les décrit comme des animaux intelligents, manipulateurs, tout bêtement un peu plus égaux que tous les autres. Les cochons divisent aussi l’opinion sur une autre question : si, comme on le prétend généralement, ce sont des animaux naturellement propres et qui ne dégagent pas d’odeurs, comment se fait-il qu’ils soient à l’origine de problèmes d’environnement apparemment insolubles ? Agriculture, échanges et environnement : le secteur porcin (à paraître) examine les conséquences environnementales des politiques commerciales dans le secteur porcin, et apporte quelques réponses à cette question.Le plus gros problème de l’élevage porcin, du point de vue de l’environnement sont les déjections animales. Pour produire 22 porcs de 90 kg à l’abattage, une truie peut rejeter environ 100 kg d’azote et 18 à 20 kg de phosphore par an. Le traitement et l’évacuation de ces effluents sont donc une préoccupation essentielle : les fermes peuvent les utiliser comme fertilisant, mais dans les grandes unités d’élevage spécialisées les quantités produites sont beaucoup trop importantes.L’élimination des déchets de porcherie est un véritable casse-tête dans les pays à forte densité démographique comme les Pays-Bas et la Belgique, mais aussi au Danemark, au Japon et en Corée, pour n’en citer que quelques autres. Aux États-Unis, dans un certain nombre de comtés parmi les plus gros producteurs de porcs, les quantités d’azote rejeté dans le lisier dépassent la capacité d’assimilation de toutes les terres cultivées et de tous les pâturages du comté. Dégradation des écosystèmes aquatiques, nuisances olfactives, pollution de l’air par les émissions d’ammoniac, impact sur la qualité du sol et la biodiversité, telles sont les conséquences environnementales de la production porcine. Les réglementations peuvent aider à mitiger ces problèmes. Or, comme le montre la nouvelle étude de l’OCDE, la poursuite de la libéralisation des échanges va probablement renforcer les tendances du marché dans le secteur porcin, en entraînant un ralentissement de la production dans les pays européens et asiatiques de l’OCDE où l’environnement est le plus en danger. Qui a dit que les petits cochons finiraient par tous nous manger ?© L’Observateur de l’OCDE, N°239, Septembre 2003