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Panne de marché ?

The Power to Choose : Demand Response in Liberalised Electricity Markets

Après les récentes pannes d’électricité en Amérique du Nord, le Ministre de l’énergie des États-Unis Bill Richard a déclaré sur CNN que les États-Unis sont une puissance mondiale, mais qu’ils « possèdent un réseau électrique digne d’un pays du Tiers monde ».

Slate.com s’est permis d’observer que les pays du Tiers monde peuvent en général se permettre de fréquentes petites pannes, alors que les pays de l’OCDE ont impérativement besoin d’un réseau interconnecté, d’une fiabilité à toute épreuve, à la pointe du progrès. Peut-on dire que la libéralisation actuelle du secteur de l’énergie accentue ou, au contraire, réduit l’instabilité de la desserte ? Aurait-on pu éviter les pannes d’électricité récentes à New York et à Londres, si la libéralisation des marchés de l’énergie avait été encore plus avancée ?Alors que la déréglementation rapide et frénétique compte tant d’adversaires, The Power to Choose explique que la libéralisation n’est pas encore assez poussée dans les pays de l’OCDE. On s’est trop concentré sur l’offre, pas assez sur la demande, en ne laissant pas jouer les mécanismes de prix. Au cours du processus de déréglementation, les fournisseurs se sont livrés à une concurrence acharnée pour élargir leur clientèle à coups de prix bas ou fixes. Sur les marchés de gros, où s’échange l’électricité, les prix n’ont cessé de fluctuer d’une heure à l’autre, d’un jour à l’autre ou d’une saison à l’autre. Les consommateurs, pour qui le prix reste le même, n’ont par conséquent aucun intérêt à limiter leur consommation aux heures de pointe, et ainsi atténuer les fluctuations.The Power to Choose démontre que si les consommateurs devaient payer les prix réels sur le marché, ils réagiraient. Le livre cite des études prouvant que les valeurs atteintes par les prix de gros au plus fort des crises qu’a connues la Californie il y a deux ans auraient été réduites de moitié si la demande avait été inférieure de 5%. La technologie nécessaire pour suivre et gérer la demande d’électricité en temps réel, et ainsi pour mesurer les changements de comportement des consommateurs et les encourager, a été jugée trop coûteuse pour que la gestion de la demande soit rentable. Et pourtant, un rapport du ministère de l’énergie des États- Unis estime à près de US$450 millions par an les coûts des congestions sur les réseaux de transports. The Power to Choose fait valoir que lorsque les prix ne parviennent pas à réguler les fluctuations naturelles de l’offre et de la demande, on assiste à une trop forte instabilité des prix, un surinvestissement dans les moyens de production de pointe et, au bout du compte, un risque accrû de défaillance du système.© L’Observateur de l’OCDE, N°239, Septembre 2003