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Mondialiser l'OCDE

Courrier des lecteurs

Dans son article « Réaliser le progrès mondial » (L’Observateur de l’OCDE N° 236, Mars 2003), Ron Gass examine les progrès difficiles de la mondialisation et propose que l’OCDE serve de guide dans « le volet sociopolitique de la répartition des richesses » de la théorie sur le progrès d’Arnold Toynbee. Il propose également que l’organisation devienne un pont politique entre les forces de « Davos » et celles de « Porto Alegre ».

Bien que ce raisonnement vienne d’une noble idée, il apparaît défectueux aux yeux de ceux qui se placent du coté du second volet, engagés dans le mouvement alter mondialiste. En effet, selon eux, l’OCDE a malheureusement sacrifié son impartialité tant renommée en servant de tribune principale pour le développement et la réalisation finale de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), une stratégie qui, selon certains, était en dehors du mandat d’origine de l’OCDE.De plus, M. Gass déclare que, en tant que successeur de l’OECE (l’Organisation européenne de coopération économique), l’OCDE devrait garder en tête l’esprit du Plan Marshall et « porter haut les couleurs de la notion de progrès » pour le monde dans son ensemble. Hélas, la définition du progrès de l’OCDE est filtrée à travers le regard des pays membres – comme le note M.Gass, l’organisation est considérée par certains comme « le club des pays riches » – et manifestement, cela l’induit à promouvoir les préoccupations des pays privilégiés. Et, comme l’ont montré les manifestations contre l’AMI, la définition du progrès n’est même pas partagée par tous les citoyens des pays de l’OCDE.Si l’OCDE souhaite réellement que ses rapports et conclusions soient entendus et utilisés par les individus des deux camps du débat sur la mondialisation et que « davantage de pays puissent avoir un rôle autonome dans l’économie mondiale », l’organisation devra se faire plus discrète sur les sujets controversés, allant de la biodiversité au commerce, afin de conserver son impartialité professionnelle et retrouver sa crédibilité. Claude Théoret Paris, France.© L’Observateur de l’OCDE, N°239, Septembre 2003