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50 ans de recherche en transport : quels enjeux politiques ?

Conférence européenne des ministres des transports

Les transports sont aujourd’hui plus sûrs et le nombre de décès sur les routes a été divisé par deux depuis le début des années 1970. Les transports sont également plus fiables et plus rapides. Que l’on songe au TGV ou à la démocratisation du transport aérien, la mobilité s’est considérablement accrue dans tous les domaines du secteur des transports. Malgré cela, ce secteur est en crise et les zones urbaines sont trop encombrées. De plus la pollution, principalement due à l’automobile, est à l’origine de nombreux décès prématurés. Que peut-on faire ?

Ce sont principalement des questions comme celle-ci que la Conférence européenne des ministres des transports (CEMT) va aborder lors de son seizième Symposium international sur la théorie et la pratique dans l’économie des transports les 29-31 octobre 2003, à Budapest. Le thème de ce Symposium, qui marquera le 50e anniversaire de la CEMT s’intitule : « 50 ans de recherche en économie des transports : l’expérience acquise et les enjeux ».L’une des réussites du CEMT à travers les années a été de persuader ses membres qu’un accroissement de la mobilité produit des coûts qui doivent être contrôlés. En effet le transport consomme des ressources telles que l’énergie à travers l’utilisation de carburant, l’espace avec les infrastructures, et le temps avec la circulation pour se rendre d’un endroit à un autre. Mais il y a également d’autres impacts, tels que la dégradation de l’environnement, l’usure des chaussées, ainsi que l’effet de coupure lié à la construction routière. Ces coûts ne sont que partiellement pris en compte par le consommateur. L’ automobiliste n’a pas vu le prix du carburant augmenter en monnaie constante et les usagers des transports publics ignorent les subventions versées par la collectivité pour couvrir les investissements, voire l’exploitation de ces services. En ce qui concerne le transport de marchandises, avec la déréglementation des transports routiers, celui-ci a gagné en efficacité tout en diminuant de prix. En revanche, le chemin de fer, à l’écart de ce mouvement, a comparativement peu gagné en productivité.Tandis qu’instaurer une concurrence plus accrue et une déréglementation pourraient aider les chemins de fer, des mesures environnementales peuvent, quant à elles, réduire la pollution à la source. L’exemple du péage routier à Londres pour limiter la circulation montre le potentiel des mesures innovantes. Chaque utilisateur de transports doit se voir offrir des prestations de qualité dont le coût est à la hauteur des ressources consommées. Mais si l’on augmente les taxes du transport, encore faudrait-il les réinvestir dans ce secteur pour que cela soit acceptable. Faire passer ce type de message et aider les transports à devenir un secteur où la rationalité économique prévaut, continuera à être le principal objectif du CEMT dans les 50 prochaines années.© L’Observateur de l’OCDE N°238 Juillet 2003