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L’angoisse allemande

Courrier des lecteurs
Votre article sur l’économie allemande (« Allemagne : Des réformes s’imposent », L’Observateur de l’OCDE N° 237) n’expose qu’une petite partie des problèmes rencontrés en Allemagne. En 2002, l’investissement étranger en Allemagne a chuté à un niveau huit fois inférieur à celui de 2001.Le pays devrait procéder à des réformes de l’administration et de l’État social qui permettraient d’abaisser les coûts pour les employeurs. Les lois strictes adoptées en matière d’emploi ne tiennent pas compte des besoins des entreprises. Les petites entreprises n’ont aucune marge de manœuvre lorsque les temps sont difficiles.Cette situation, ainsi qu’un coût de main-d’œuvre parmi les plus élevés d’Europe, dissuade l’investissement en Allemagne. Les dispositions financières qui doivent s’appliquer à partir de janvier 2007 au titre de l’accord de Bâle II, ainsi que le contrôle plus étroit exercé sur le crédit bancaire, ont porté un coup sévère aux entreprises.La société que j’ai fondée il y a quatre ans, Trust in Business (www.trustib.com), était en pleine expansion jusqu’à la chute des investissements étrangers. De nombreuses entreprises de taille moyenne ont été mises en liquidation et les petites entreprises ont eu du mal à honorer leurs créances. Des personnes et des entreprises qui avaient pourtant travaillé dur se sont ainsi retrouvées en situation d’insolvabilité.En Allemagne plus que dans tout autre pays, la prospérité économique dépend des petites et moyennes entreprises. Les programmes de soutien du gouvernement ne donnent pas de résultats assez rapides et ne répondent qu’à une partie des problèmes. L’investissement étranger doit être stimulé, mais des antennes du gouvernement à l’étranger se ferment au moment où on en a le plus besoin. En outre, l’Allemagne est le centre naturel des échanges européens. Dans la culture allemande, l’échec est vu comme quelque chose de honteux. Mais l’Allemagne a encore beaucoup à offrir aux investisseurs étrangers et, aidée de réformes adaptées et d’une bonne publicité, ainsi que d’un soutien accru aux petites entreprises, elle pourra rebondir. Pour ma part, j’ai l’intention de me relancer avec un projet destiné à aider les entreprises en cessation de paiement à trouver une solution.Anne Koarkanne@trustib.com, Germany