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Risques futurs

Les risques émergents du XXIe siècle : Vers un programme d’action

Le début du XXIe siècle a été marqué par une peur mondiale, celle du « bogue de l’an 2000 », qui menaçait de réduire à l’impuissance les ordinateurs de toute la planète, ainsi que les outils technologiques tributaires de l’informatique, notamment les systèmes de contrôle de la circulation aérienne, les salles d’urgence des hôpitaux et les marchés boursiers. Ces dysfonctionnements ont été évités. Néanmoins, le virus SRAS suscite depuis peu dans le monde entier un sentiment de peur lié à la rapidité de sa propagation, tandis que les craintes d’attaque chimique se sont traduites par des ventes de masques à gaz sur tout le territoire des États-Unis.

Apparemment, tandis que le monde devient plus petit et plus avancé technologiquement, les risques augmentent. La publication intitulée Les risques émergents du XXIe siècle examine non seulement la nature changeante de ces risques, mais aussi la capacité de nos sociétés à les gérer. Les cinq catégories traitées – les catastrophes naturelles, les accidents industriels, les maladies infectieuses, le terrorisme et la sécurité des aliments – ne sont hélas que trop familières. Quelles sont les tendances et les forces qui modèlent les risques auxquels nous serons confrontés au cours des prochaines décennies, quels systèmes vitaux sont les plus vulnérables, et comment les gouvernements peuvent-ils le mieux se préparer à gérer ces futures situations d’urgence ?La collecte d’informations constitue un premier pas. D’après la Base de données internationale sur les catastrophes de l’OFDA (Bureau d’aide aux victimes de catastrophes à l’étranger) et le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres, un événement est considéré comme une catastrophe lorsque 10 personnes sont déclarées décédées ou 100 personnes sont affectées, si une aide internationale est officiellement demandée, ou encore si l’état d’urgence est instauré. La base de données révèle une brusque augmentation du nombre de catastrophes naturelles, qui est passé d’une centaine dans le monde entier en 1970 à plus de 350 en 2000. De même, les catastrophes technologiques sont passées de 50 en 1980 à 300 en 2000.Le rapport souligne également que la perception du risque constitue en soi un facteur susceptible de déboucher sur des mesures de précaution tardives ou exagérées. La cybercriminalité, les attentats terroristes et certaines catastrophes naturelles exigent que l’on porte un regard critique à la fois sur la sécurité des systèmes organisés en réseau, et sur l’infrastructure sociale qui les rend vulnérable. Référence« Un avenir à haut risque », L’Observateur de l’OCDE N° 235, décembre 2002.