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Investir dans le secteur de l’eau en Chine

L’élaboration d’une stratégie de financement et de gestion de l’eau pose diverses questions, dont la plus importante est celle de la capacité de financement. Or, il est très difficile d’apporter des réponses réalistes dans le cas de grands projets environnementaux car ils nécessitent de lourds investissements en capital dans l’infrastructure publique et courent sur une longue période.

Pour tenir les engagements en termes de dépenses, les décideurs doivent déterminer combien ils peuvent consacrer à chaque poste, de la mobilisation des capitaux et de l’acquisition des terrains aux dépenses d’entretien et de fonctionnement. Leurs calculs doivent être établis avec réalisme et se situer dans une perspective pluriannuelle.Il existe un logiciel, justement baptisé FEASIBLE, qui facilite la tâche des décideurs. Il s’agit d’une application qui aide à la mise en place d’un cadre méthodologique normalisé connu sous l’appellation de Stratégie de financement de l’environnement. Elle permet d’établir des scénarios, de mettre en évidence les sources de difficultés et de déterminer quels types de financement et d’intervention conviennent le mieux. FEASIBLE a été utilisé pour élaborer les stratégies de financement des réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement en milieu urbain en Arménie, en Géorgie, en Moldavie, en Ukraine et au Kazakhstan, et dans la Fédération de Russie.La Chine s’y intéresse aujourd’hui. Avec le concours de l’OCDE, elle applique le modèle FEASIBLE à la collecte et au traitement des eaux usées dans 14 villes et zones urbaines de la province du Sichuan, qui couvre une population totale de 3 millions d’habitants. Un scénario de référence est établi : dans le cas du Sichuan, l’hypothèse de départ table sur l’achèvement dans les délais prévus de la construction de sept stations d’épuration et sur la concrétisation de tous les financements annoncés. La réponse de FEASIBLE est très révélatrice. Le logiciel fait d’abord apparaître que les besoins d’investissement sont plusieurs fois supérieurs pour les systèmes de collecte des eaux usées que pour les stations d’épuration. Étant donné que l’aménagement des réseaux d’évacuation des eaux usées prendra plus de temps que la construction de stations d’épuration, d’ici 2004, les nouvelles stations d’épuration n’auront pas assez d’eaux usées à traiter à moins d’engager de nouveaux investissements dans les réseaux d’égouts. Or, il est prévu dans les budgets publics d’affecter des crédits plutôt aux stations d’épuration qu’aux réseaux d’assainissement. Par ailleurs, la structure du financement dans le Sichuan est beaucoup plus tributaire du financement public que dans les pays de l’OCDE. Cela étant, un financement public est envisageable et, en moyenne, les tarifs de l’eau et de l’assainissement seront abordables, même si dans la plupart des villes, les 10 % à 20 % les plus pauvres auront besoin d’une aide des pouvoirs publics. Une deuxième phase des travaux lancés par l’OCDE et le gouvernement chinois montrera comment ce scénario de référence peut être adapté en recourant à plusieurs instruments d’action de façon, par exemple, à mobiliser des ressources supplémentaires, ou en réaménageant les programmes d’investissement.