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La biodiversité, mais à quel prix ?

Direction de l'environnement

S’il est souvent difficile de faire de la conservation de la biodiversité une priorité de l’action publique, c’est qu’elle pose des problèmes de mesure et d’évaluation : la biodiversité est en effet difficile à décrire et à quantifier, et elle ne s’intègre pas aisément, par exemple, dans les indicateurs du PIB.

L’intensification des pressions en faveur du développement a entraîné une diminution sans précédent de la biodiversité, mais il est facile d’ignorer ce qui ne peut être quantifié.Du fait que la biodiversité n’a pas de valeur économique, de nombreuses ressources biologiques ne peuvent lutter à armes égales avec les forces qui provoquent leur amoindrissement. Ce manuel de l’OCDE analyse les moyens d’assigner une valeur à la biodiversité et, en particulier, les méthodes d’évaluation économique et leurs résultats.L’évaluation économique a un fondement théorique solide qui peut aider à clarifier les arbitrages implicites dans toute politique publique et à évaluer les effets sur la biodiversité, par exemple, d’investissements dans la construction d’une route, d’une nouvelle usine ou de logements. Elle peut aussi servir, entre autres, à déterminer des dommages et intérêts, à fixer le montant de redevances, taxes et amendes, et à limiter ou interdire le commerce d’espèces menacées. L’évaluation n’est pas une tâche aisée. Les études sont longues et coûteuses à réaliser, et le nombre de valeurs possibles nécessaires pour comprendre parfaitement la valeur économique totale de la biodiversité rendent ces travaux relativement complexes. Le manuel examine une réponse controversée mais vitale au problème posée : le transfert d’avantages. Cette pratique consiste à « emprunter » les résultats d’études existantes et à les utiliser pour estimer la valeur économique d’un changement environnemental similaire. Les avantages connus d’une forêt d’Indonésie peuvent ainsi être utilisés pour évaluer les avantages encore inconnus d’une forêt de Malaisie.L’approche économique doit néanmoins jouer un rôle prépondérant dans toute panoplie de mesures. Après tout, les forces économiques elles-mêmes sont souvent la raison pour laquelle la biodiversité est gravement menacée.