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Réserve eurasienne

Courrier des lecteurs

Vous posez la question de savoir si l’euro pourrait devenir un jour une monnaie de réserve internationale plus importante (l’Observateur de l’OCDE, N° 230). Pourtant, vous oubliez de mentionner les prévisions utopiques de quelques commentateurs économiques qui prédisaient il y a quelques années un recours massif à l’euro au détriment du dollar pour constituer les réserves internationales et, par conséquent, un envol de cette nouvelle monnaie.

Ces prédictions se sont révélées fausses, ce qui n’est pas pour surprendre quand on sait que beaucoup de membres de la zone euro étaient des « pays à monnaie faible » qui, à l’instar de lests de plomb, ont fait plonger l’euro au lieu de le hisser vers les sommets. Ensuite, l’Allemagne, qui était le pilier de l’économie européenne, est devenue le malade de l’Europe.Il est vrai que l’euro a repris de la valeur récemment, mais ce regain de forme est-il durable ? Comme vous l’indiquez, des raisons structurelles permettent d’en douter. Un point essentiel échappe pourtant à votre analyse : où se trouvent toutes ces réserves internationales ? Selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux, la plupart des réserves mondiales officielles de change se trouvent en Asie orientale, notamment au Japon, en Chine, dans le Taipeh chinois, à Hong Kong-Chine et en Corée. La plupart de ces pays ont des liens économiques et politiques très étroits avec les États-Unis. De plus, tous considèrent les États-Unis comme le leader mondial et il faudra beaucoup de temps pour les persuader de l’intérêt de préférer l’euro. Si l’Europe veut avoir un jour une monnaie forte, il lui faudra non seulement entreprendre des réformes, mais aussi améliorer sa réputation et renforcer sa coopération avec les pays d’Asie orientale qui sont assis sur les plus gros tas de réserves de change officielles.