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Esprits plus vifs

Comprendre le cerveau: vers une nouvelle science de l’apprentissage
Consulter un neurochirurgien pour comprendre les troubles de lecture de certains peut paraître inutile. Pourtant, aujourd’hui, enseignants et responsables politiques commencent à y voir un intérêt. Il y a trois ans, le Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’OCDE (CERI) a lancé un projet sur les « Sciences de l’apprentissage et la recherche sur le cerveau », dont les découvertes sont mises au service de l’apprentissage. Actuellement, spécialistes du cerveau, décideurs politiques et éducateurs étudient de très près des questions telles que l’utilisation de l’imagerie mentale dans l’apprentissage ou le rôle de l’altération des neurones induite par le vieillissement.
Les résultats obtenus ont ainsi fait voler en éclats certaines idées reçues. Généralement, les non-spécialistes affirment que l’hémisphère gauche du cerveau est dédié au raisonnement logique et au codage des informations verbales tandis que l’hémisphère droit est le siège de la créativité et du codage des informations visuelles. En réalité, si certaines fonctions comme la reconnaissance des visages ou la parole dépendent essentiellement d’un seul hémisphère, les mécanismes de la pensée requièrent, le plus souvent, le fonctionnement concomitant des deux hémisphères.De même, l’assertion selon laquelle le cerveau perdrait 100 000 neurones par jour a été battue en brèche, une étude concluant que le nombre total de neurones présents dans chaque aire du cortex cérébral ne variait pas en fonction de l’âge. En réalité, le vieillissement provoque une diminution du nombre des gros neurones et un accroissement des petits. Ce processus pourrait entraîner une diminution du nombre de synapses, ce qui ralentirait les mécanismes de la pensée, mais n’affecterait guère l’intelligence.Au Japon, une étude menée chez des adultes (âgés de 25 à 83 ans) n’a établi aucune corrélation entre l’âge et la fluidité verbale, l’originalité de la pensée, la productivité et la créativité. En outre, de nouvelles données indiquent que la forme physique et l’apprentissage peuvent contribuer à améliorer l’organisation et la maîtrise des processus mentaux. L’apprentissage modifie la physionomie du cerveau, car il accroît le développement de nouvelles connexions neuronales. La plasticité du cerveau est une fantastique découverte pour les spécialistes de la cognition. La politique éducative pourrait en tirer des leçons et ainsi, s’améliorer. Si une anomalie est décelée dans l’aire cérébrale dédiée à la lecture, elle pourrait être corrigée en classe. Et qui sait, un jour peut-être se rendra-t-on chez son neurologue comme on va chez son dentiste.© L’Observateur de l’OCDE, Nº233, Août 2002