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La taxe Tobin

Courrier des lecteurs
Votre article « Taxe Tobin : une solution viable ? » (L’Observateur de l’OCDE, N° 231/232) part du principe que cette taxe serait appliquée au niveau de la négociation, ce qui créerait d’énormes problèmes administratifs et la rendrait impraticable. Le marché des changes présente deux aspects à cet égard.
Selon Rodney Schmidt, économiste canadien de l’Institut Nord-Sud, alors que la négociation n’est pas organisée, le règlement, qui intervient deux jours plus tard par l’intermédiaire des services de suivi administratif (back office), est quant à lui très réglementé, centralisé et organisé – le cheminement des fonds y est étroitement retracé. M. Schmidt propose d’utiliser les systèmes centralisés de paiement pour collecter la taxe. Ces systèmes ont été récemment modernisés et permettent de cerner facilement une opération de change. Il est très facile de programmer un ordinateur afin de prélever un certain pourcentage de chaque opération. La banque centrale peut le faire ou désigner un système de paiement à cet effet. Le coût d’administration serait donc nul et l’évasion fiscale pratiquement inexistante pour les monnaies appartenant à la zone d’application de la taxe Tobin. En ce qui concerne les devises imposables, toutes les monnaies ne font pas l’objet d’échanges entre elles et quelques devises, comme le dollar, l’euro et le yen occupent une position dominante. Convertir des rupiahs indonésiennes en roubles russes nécessite de recourir à une devise tierce. En conséquence, si ces grandes devises étaient concernées par la taxe Tobin, on se trouverait pratiquement dans un dispositif de portée mondiale. En outre, si une seule des grandes monnaies se trouve en dehors du dispositif, même celle des États-Unis, pour peu que les autres soient couvertes par la taxe, les opérations de change sur le dollar américain seraient également imposées.Vous indiquez en outre que la taxe Tobin provoquerait une diminution de la liquidité. Mais si cette taxe, en régulant les flux, parvenait à éliminer la crise d’une monnaie ou tout au moins à en limiter l’ampleur, cela se traduirait en fait par une augmentation de la liquidité à long terme pour cette monnaie.