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Les enseignants manquent de formation aux TIC

Les enseignants devraient être mieux formés aux nouvelles technologies, mais il ne faut en aucun cas les remplacer par des terminaux d’ordinateurs. C’est ce qui ressort d’une rencontre organisée en décembre à Aix-en-Provence entre des élèves et étudiants de pays de l’OCDE et des responsables des politiques de l’éducation.

Cette table ronde, une des premières en son genre, avait pour but de recueillir les vues de jeunes encore inscrits dans le système éducatif sur l’utilisation des nouvelles technologies dans l’enseignement. Les 28 jeunes, âgés de 17 à 20 ans, ont jugé préoccupant que de nombreux enseignants soient aussi peu au fait, non seulement des aspects techniques des nouvelles technologies, mais aussi des moyens de les utiliser efficacement comme outils pédagogiques. Ce manque d’information, estiment-ils, peut créer une rupture entre ce que l’on apprend seul à la maison sur l’ordinateur et ce qui est enseigné en classe. Les jeunes ont également soulevé la question de la qualité des contenus accessibles grâce à ces technologies. Selon eux, les CD-ROM offrent souvent un traitement très vaste, mais insuffisamment fouillé, des sujets abordés ; quant aux recherches sur Internet, elles prennent beaucoup de temps, sans garantie de la fiabilité des informations recueillies. L’ordinateur, s’il a un énorme potentiel pédagogique à condition d’être utilisé intelligemment, ne peut et ne doit pas se substituer aux livres, aux enseignants et aux échanges humains.Un autre point a été évoqué, celui des moyens d’aider leurs camarades moins privilégiés – les jeunes interrogés étaient habitués à utiliser un ordinateur chez eux et dans l’établissement et communiquaient entre eux par Internet depuis un an. Très favorables à l’idée de prolonger les horaires d’ouverture des établissements pour faire de ceux-ci des centres de quartier où le public pourrait utiliser les technologies de la communication et de l’information, ils ont pourtant signalé que des problèmes de vandalisme et de vol organisé faisaient, dans certains pays, obstacle à de telles initiatives. Nombre d’entre eux se sont dit prêts à contribuer, dans une certaine mesure, à aider leurs camarades moins habiles à se familiariser avec l’ordinateur, reconnaissant qu’ils conforteraient, ce faisant, leur propre maîtrise de la technologie.Les conclusions de ce colloque avec des jeunes en cours de scolarité, qui s’inscrivait dans le cadre d’un projet international de l’OCDE intitulé Les TIC et la qualité de l’apprentissage, seront publiées. L’équilibre et l’esprit d’ouverture dont ont témoigné les jeunes dans leurs propos justifient qu’on les associe plus ouvertement au processus de décision, même si l’un d’eux, dans un accès de sincérité, a indiqué qu’ils ne s’attendaient pas à ce que leurs opinions soient prises au sérieux.  Lire l’article d’Edwyn James sur les moyens de combler la fracture numérique dans la rubrique Société et Gouvernement.