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Des mythes non durables

Courrier des lecteurs
Après plus d’une décennie passée autour de tables de négociations où il était question de développement durable, c’est avec intérêt que j’ai pris connaissance des discussions tenues lors du Forum 2001 de l’OCDE sur ce sujet.
Le développement durable en tant que concept s’est largement imposé au fil des ans, dans les débats politiques. Pourtant, son sens donne toujours lieu à des interprétations variables. « Développement durable » et « environnement » ne constituent pas deux concepts différents, contrairement à ce que l’on entend parfois. L’essence même du développement durable est précisément l’intégration complète de la gestion de l’environnement dans la planification du développement, et cela englobe les dimensions sociale, économique, culturelle, religieuse, morale, scientifique et technique.En témoignent les objectifs des deux principales conventions relatives au développement durable qui sont issues du processus de la CNUED amorcé en 1992 à Rio de Janeiro – sur les changements climatiques et la diversité biologique.Il est réconfortant de voir qu’une convergence de vues se dessine sur certains faits essentiels, à savoir que la croissance économique peut en fait profiter du développement durable, et que beaucoup de solutions aux problèmes de dégradation de l’environnementpassent par la réglementation.En revanche, je suis troublé par le peu de place accordée aux points de vue des pays en développement dans vos discussions. Peut-être se méprend-on sur leur compte, au motif que ces pays appliquent des normes environnementales dérisoires, ou que la pauvreté est cause de dégradation de l’environnement. Ce sont des mythes qui doivent être combattus. La réalité est que certaines multinationales minent bien souvent les initiatives de développement durable au lieu de les appuyer. Pour elles, le renforcement des capacités est un outil qui sert à s’assurer un plus large accès aux marchés et à accroître les profits. De fait, le premier responsable de la dégradation de l’environnement est bien la quête effrénée et non le manque de richesse. Quant à la destruction des forêts, elle est le fait de leur exploitation commerciale – parfois illégale – par de grandes entreprises, et non, comme le laisse entendre votre éditorial, des activités de subsistance des populations locales. N’oublions pas ces faits essentiels au moment où la planète se prépare à faire le bilan, cet été à Johannesburg, des dix ans écoulés depuis Rio. © L’Observateur de l’OCDE, Nº230, Janvier 2002