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Turbulences en vue

Le tourisme ressentira inévitablement les événements survenus aux États-Unis le 11 septembre. Ils ont certes aggravé la récession économique déjà perceptible mais les perspectives à long terme demeurent extrêmement favorables.

C’est là le principal message d’une réunion internationale d’experts des voyages et du tourisme qui a eu lieu à l’OCDE le 24 octobre. L’impact négatif sera surtout sensible aux États-Unis et sur les marchés tributaires des visiteurs en provenance de ce pays. Le trafic aérien a brutalement chuté aux États-Unis, quant au trafic transatlantique, il aurait baissé de 30 % sur certains itinéraires. D’après les chiffres de l’IATA, le trafic aérien international avait évolué parallèlement à la situation économique et signalait déjà une tendance à la baisse en 2001. Il avait par contre connu un vif essor à la fin des années 1990 et en 2000 de sorte que tout recul ne pouvait qu’être frappant (en 2000 quelque 61 millions de résidents américains se sont rendus à l’étranger soit 6 % de plus qu’en 1999). Par ailleurs, le tourisme dans d’autres régions du monde, comme en Europe, devrait rester bien orienté même s’il peut enregistrer une légère diminution en raison du retournement de la conjoncture économique. Les prévisions établies par le Conseil mondial du tourisme et des voyages après le 11 septembre annoncent un recul du tourisme d’environ 10 % à 20 % aux États-Unis et moindre sur d’autres marchés. L’absence des visiteurs des États-Unis sera fortement ressentie. En 2000, les trois premières destinations choisies par ces visiteurs étaient le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne bien que pour près d’un tiers ces déplacements avaient un caractère professionnel. Les voyageurs en provenance des États-Unis – dont 40 % avaient décollé de New York, Los Angeles ou San Francisco – ont dépensé en moyenne US$ 1 345 par voyage à l’étranger. Plusieurs pays représentés à la réunion de l’OCDE ont exposé sans détour les défis auxquels ils sont confrontés à court terme. La France, par exemple, ne sous-estime pas l’ampleur du problème : une cellule de crise a été créée auprès du Cabinet du Secrétaire d’État au tourisme pour suivre les répercussions économiques et sociales sur tous les secteurs susceptibles d’être touchés : depuis les hôtels et les auberges jusqu’aux musées et aux sociétés de location de voitures.