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L’électrification contre la pauvreté

Agence internationale de l'energie
La sécurité énergétique passe aussi par l’accès à l'énergie. C’est une question d'équité, car l'énergie est vitale pour la survie de l'homme. Un tiers environ de la population mondiale est privé d'électricité et n’utilise quasiment que du bois de chauffage, des résidus agricoles et de la bouse séchée pour satisfaire ses besoins énergétiques. (Les perspectives relatives à la demande d'énergie dans les pays en développement les plus pauvres et au rythme d’électrification dans les 30 prochaines années seront analysées en détail dans le prochain World Energy Outlook 2002 -voir livres). Le lien entre la pauvreté et le manque d’accès à l'électricité est très net, comme on peut le voir sur le graphique.
L'effet de l'électrification sur la consommation des ménages et sur la croissance de la demande d'énergie dans les pays en développement a été très peu analysé jusqu'à présent. L’augmentation des taux d'électrification serait bénéfique pour les populations pauvres des pays en développement, elle leur permettrait d’améliorer l’accès à l'éclairage, à l'enseignement, à la santé et aux télécommunications. Mais les communautés à faible revenu ayant tendance à limiter leur consommation d'électricité pour ces besoins fondamentaux et à dépenser davantage pour le chauffage et la cuisine par exemple, l’électrification ne se traduira sans doute pas par une nette diminution de la demande de bois de chauffage dans les 30 prochaines années. Quoi qu'il en soit, à moins que de nouvelles politiques ne soient mises en oeuvre pendant cette période, très nombreux sont ceux qui resteront privés d’électricité. Cela signifie que d’importantes populations non seulement n'échapperont pas à la pauvreté mais continueront à consommer de manière inefficace des sources d'énergie traditionnelles. Cette utilisation de la biomasse restera très importante dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie du Sud et du Sud-Est et d’Amérique centrale.Cela soulève d'importants problèmes que la politique internationale sur les forêts et la biodiversité, par exemple, devra prendre en considération. Le message est simple : une énergie plus accessible et moins coûteuse est indispensable pour combattre les effets de la pauvreté, et cette lutte est elle-même indispensable au développement durable.