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Biotechnologie et développement

Courrier des lecteurs
OCDE Observateur
J’ai lu avec intérêt le Dossier spécial consacré à la biotechnologie dans L’Observateur n° 216. Les thèmes abordés reflètent les préoccupations exprimées aujourd’hui dans les pays Membres de l’OCDE. Toutefois, il est déconcertant –en particulier lorsque l’on connaît bien les travaux du Centre de développement sur la biotechnologie – de n’y trouver que de rares et courtes phrases faisant référence à des pays n’appartenant pas à la zone OCDE. Dans le contexte actuel de mondialisation et de développement durable, il est difficile de soutenir cette vision restrictive.
Si les technologies introduites dans les pays en développement pendant la révolution verte ont permis d’augmenter la production céréalière, elles ont aussi servi à y transférer les méthodes de production à forte consommation de produits agrochimiques qui prédominent dans les pays de l’OCDE.Ce modèle de production a été remis en cause. La biotechnologie offre la possibilité d’adopter des méthodes de production plus durables qui polluent moins les eaux et les sols. Dans le cas des pays en développement, elle devrait en outre permettre d’améliorer les ressources phytogénétiques et les plantes vivrières locales, et de créer des variétés résistantes à la sécheresse. Cela ne signifie pas que les pays en développement devront importer les mêmes produits alimentaires et variétés que ceux élaborés pour les pays de l’OCDE, et par adopter un modèle unique de production et de consommation. De plus, il n’est pas dit que les biotechnologies donneront des résultats aussi satisfaisants dans les conditions de production prévalant dans ces pays.Même si, à l’évidence, un transfert de technologies et de connaissances doit avoir lieu pour certains aspects, il est important que les innovations biotechnologiques se développent au sein même des pays en développement. Pour ce faire, il faudrait accroître et soutenir l’effort de recherche publique ainsi que de nouvelles formes de collaboration entre secteurs public et privé.Les technologies développées à l’époque de la révolution verte, qui étaient considérées comme des « biens d’intérêt public », avaient largement été financées par des dons philanthropiques et par la communauté internationale. A l’inverse, les biotechnologies agricoles sont menées depuis le départ par des intérêts privés. Les pays en développement engagés dans un processus de réformes ont la plupart du temps été obligés de réduire les dotations publiques à la recherche, tandis que l’aide publique au développement tend à diminuer. « Ce sont les pays en développement qui ont le plus grand besoin des nouvelles connaissances et techniques que promet d’apporter la biotechnologie », affirme Donald Johnston dans son éditorial. Mais quelle aide l’OCDE pourrait-elle leur apporter pour relever ce défi ?Carliene Brenner, France