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Une conduite intolérable

Courrier des lecteurs

Votre dernier numéro abordait la question de la tarification routière. L’argument d’Anthony Ockwell semble a priori convaincant, mais existe-t-il vraiment un seuil optimal de tarification routière qui permette de tenir à l’écart de nos routes le trafic superflu ?

J’ai parfois l’impression que même si la tarification routière était intégrée à notre système, les gens s’y adapteraient. Il suffit de prendre l’exemple du tabac : est-ce que l’augmentation des prix a réellement fait baisser le nombre de fumeurs ? Existe-t-il un pays où les gens ne vont pas travailler sous prétexte que l’impôt sur le revenu est trop élevé ? Il faut en effet agir contre la congestion routière – mais je ne suis pas sûr que les solutions axées sur le marché puissent être efficaces dans ce cas. Il serait certainement préférable de durcir la réglementation : si la pollution est dommageable, la réglementation se justifie. Par ailleurs, les entreprises, où la voiture de fonction est considérée comme un avantage courant quel que soit le lieu de résidence de son bénéficiaire, devraient soutenir davantage les transports en commun en incitant plus résolument leurs cadres supérieurs à les utiliser. Les gens aiment leur voiture. Les habitudes ont la vie dure et nous avons ce que nous méritons. Il faut que les attitudes changent. Je dirais que plus que tout autre facteur, c’est la pression sociale qui a fait reculer l’usage du tabac aux États-Unis. S’agissant de circulation, nous pouvons aussi faire appel à la technologie. Pour autant que je sache, les carburants de remplacement sont une réalité. On nous dit que les prix sont trop élevés, mais dans quelle mesure cela n’est-il pas lié aux pressions exercées par le secteur de l’automobile, syndicats et constructeurs confondus ? Curieux, certains services d’autobus financés par les pouvoirs publics fonctionnent déjà avec ces carburants de substitution, par exemple dans de plusieurs villes françaises. Les constructeurs automobiles suivent la situation, ce qui montre bien que lorsque les pouvoirs publics donnent l’exemple, le marché peut suivre.