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Trop tard pour l'Amazonie ?

Courrier des lecteurs

Le grand déballage mondial sur l’environnement ne va pas tarder – je veux parler du sommet sur le développement durable qui doit commencer à Johannesbourg en août 2002. Et Rio, alors ? C’était il y a 10 ans. Si j’en crois les comptes rendus de réunions préparatoires des Nations unies (et quelques articles de l’OCDE), le message sera « le moment est venu d’agir » – sans délai dans le cas de la déforestation. J’y souscris entièrement. Mais faut-il vraiment dépenser US$50 millions de dollars et faire déplacer 65 000 personnes pour passer à l’action ?

Je m’inquiète surtout pour l’Amazonie, où se trouvent 40 % des forêts tropicales humides de la planète et le plus grand espace naturel encore vierge. Il y a plus d’un an, une équipe de scientifiques brésiliens et américains ont fait les prévisions suivantes : d’ici à 2020, la forêt primitive ne représentera plus que 5 % environ en Amazonie, et en 10 ans le recul pourrait devenir irréversible. S’il a fallu une décennie (depuis Rio) pour que la communauté internationale prenne position sur des questions d’environnement telles que le changement climatique et la déforestation, est-ce qu’il n’est pas déjà trop tard pour l’Amazonie ? Les débats des Nations unies et de l’OCDE témoignent d’un intérêt véritable pour les points névralgiques de l’environnement. Pourquoi donc sommes-nous si aveugles au problème de l’Amazonie ? Je crois que nous avons tout simplement renoncé. Nous préférons plutôt discuter que de chercher à mettre en pratique des solutions qui existent déjà sur le papier. Quand on pense qu’en septembre dernier, le Congrès brésilien a partiellement approuvé un nouveau projet de révision du Code forestier pour permettre aux propriétaires terriens d’Amazonie de multiplier par plus de deux les coupes de bois autorisées, il ne reste peut-être plus qu’à lever les bras au ciel. Faut-il se résigner ? Bien sûr que non. Nous devons consacrer des fonds beaucoup plus importants à des projets sur le terrain, faire reculer la pauvreté, dispenser l’enseignement nécessaire et engager des travaux de vaste portée pour aider le gouvernement brésilien à préserver l’Amazonie. La détermination et les connaissances ne manquent pas ; encore faut-il cesser de parler pour passer aux actes.