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Des perspectives économiques favorables

Département des affaires économiques
La croissance économique mondiale a semble-t-il atteint un sommet au premier semestre 2000, et les perspectives économiques mondiales restent relativement favorables malgré le recul constaté sur de nombreux marchés des actions. La production a augmenté de 4,25 % dans la zone de l'OCDE cette année, rythme inégalé depuis plus de dix ans, mais devrait revenir aux environs de 3,25 % en 2001 et de 3 % en 2002. L'inflation devrait rester faible dans la plupart des pays de l'OCDE, avec un léger durcissement de la politique monétaire aux États-Unis et dans la zone euro. Le taux de chômage pourrait se stabiliser à son niveau actuel dans les pays de l'OCDE, soit environ 6 % de la population active. Quant à la croissance de la production mondiale, elle devrait bénéficier de la forte reprise de l'activité hors de la zone de l'OCDE, pour atteindre 4,75 % cette année, avant de ralentir en 2002.
Ces perspectives globalement favorables tablent sur un recul des prix mondiaux du pétrole, actuellement très élevés. Même si le faible niveau des stocks et les tensions persistantes au Moyen-Orient rendent le marché pétrolier très instable, la crise n‘est pas comparable aux chocs pétroliers des années 70. La tournure des événements pourrait toutefois changer si les prix du pétrole continuent à monter.L'enthousiasme qu’avaient suscité les valeurs technologiques en début d'année est retombé, entraînant une augmentation des primes de risque sur les marchés d'obligations de sociétés à rendement élevé. Pour peu qu’elle s'intensifie ou s’étende, cette tendance pourrait mettre à mal la confiance et décourager les dépenses privées, surtout aux États-Unis.Le déficit de la balance des opérations courantes a atteint un niveau record aux États-Unis, mais il a été facilement financé grâce à des taux de rendement intéressants et à la vigueur de l’activité. À terme, des ajustements seront toutefois nécessaires. Un brusque renversement de tendance pourrait en effet avoir des effets inflationnistes et entraîner un ralentissement plus marqué de l'économie américaine.La croissance pourrait se ralentir dans certaines économies émergentes non membres, du fait de la baisse persistante du cours des actions, de la hausse du prix du pétrole et du ralentissement attendu de l'économie au sein de l'OCDE, surtout si les taux d'intérêt remontent sensiblement dans les pays de l'OCDE.La politique monétaire des États-Unis sera tributaire de la rapidité avec laquelle les pressions sur pesant les capacités s’allégeront. Le ralentissement de l’activité économique devrait permettre de réduire la demande excédentaire et les risques inflationnistes. Un léger relèvement du taux des fonds fédéraux en 2001 pourrait s’avérer nécessaire pour juguler les pressions inflationnistes, mais la Réserve fédérale pourra amorcer une baisse des taux avant la fin de l’année.Les prévisions officielles annoncent un accroissement régulier de l'excédent budgétaire structurel aux États-Unis. Des baisses d’impôts et une augmentation des dépenses semblent en revanche à l’ordre du jour à partir de 2002. La zone euro devra se garder des risques de surchauffe tout en assurant la poursuite de l'expansion, dans un contexte où la hausse du prix du pétrole et des conditions monétaires moins accommodantes ont déjà entraîné un ralentissement modéré. L'inflation devrait s'accélérer un peu avec la diminution des capacités disponibles. Et si l'euro ne s'apprécie pas sensiblement, la Banque centrale européenne pourrait être amenée à relever les taux d'intérêt d'environ 50 points de base pour juguler l'inflation.L'économie japonaise a amorcé une reprise modeste : la croissance de la production devrait atteindre 2 à 2,5 % et la déflation devrait s’atténuer. On s’attend à une légère reprise sur le front de l'emploi, accompagnée toutefois d’un chômage toujours élevé. Un rééquilibrage des politiques économiques s’impose : la politique monétaire doit continuer à soutenir la croissance, tandis qu’un processus d’assainissement budgétaire devra s’amorcer en 2002. Améliorer l'efficience du système des dépenses publiques reste prioritaire et devra s’accompagner d’une restructuration et d’une libéralisation plus poussées de l'économie.La croissance économique vigoureuse et soutenue que connaissent les États-Unis et d’autres pays de l'OCDE ont placé la « nouvelle économie » et les technologies de l’information et de la communication, au centre de l’attention générale. Mais tout laisse croire que les mécanismes de la « vieille économie » sont encore indispensables au processus de croissance. L'accumulation de différents types de capital (surtout le capital humain) et la recherche-développement restent des facteurs d’expansion importants pour la croissance et permettent de comprendre pourquoi les schémas de croissance varient d'un pays à l'autre.© L’Observateur de l’OCDE, Nº224, Janvier 2001